‹ Etudes d'archéologie et d'histoireChapitre 16 sur 28 · IL · texte numérisé non relu

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iu'À irriiin: aan l'hibtoik£ d'espagite.

el de vicaire du saiiit-siége, invita TEuropeà en recf*voit' ies décrets. Partout où il proclamait les déciliiousdu concile favorables à la «uprétnatiedu pape, il iuBtiluail Tlnquiâition ^ qui garanûasart la sienne. En Cormant ce plan , pour lequel conspiraient tm £§pagne la passion dominante de la nation , au debon l'intérêt (général des peuples catholiques^ Philippe H n'avait point tenu compte de ces impérifisahles in§tincls de riiumanité que le christianisme aivaît oossacrés et perfectionnés encore. A Fidée «eule àt rinquisitiou, le Milanais et le royaume de Naplessr soulevèrent tout en demeurant fidèles à la foi et à rKspagne, qui fut obligée d'al^andonner ses * W a ^i »^ sur eux ; les Pays-Bas prirent les armes, et, auasî cou»* tants à se défendre que TEspagoe était obsâioée m Jei persécuter, entreprirent une guerre qni, dèsie^pemierf jours* ébranla son formidable empire*

Philippe 11 ne supposait pas que la religioB^sor laquelle il avait fondé Tespoir de sa snpi^auÉÎe extérieure, fût offensée à la face même de TËspagne. Il souleva les Maures qui , après avoir reçu le baptême, étaient demeurés dans le royaume de Grtnade, en leur ordonnant de quitter la langue, le costume, les habitudes où leurs anciennes croyances étaient encore empreintes. La rapidité avec laquelle ces Maurisques retournèrent au Koran et à leurs rois montra qu on avait eu raison de ne pas les ctt>ire dévoués à Tunité de la monarchie espipagnoie. L'accroissement effroyable de la piraterie, (|ui semblait rt^lever la puissance africaine, les readait plus dangereux encore, l^ corsaire Dragut donnait la Corse à la France; Tamiral des Turcs, Piafî,

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investissait Minorque; le fils de Barberousse, Hascbeni, roi d'Alger, battait les dernières villes que les Espagnols conservaient sur la côte d'Afrique ; ces forbans étaient maîtres de la Méditerranée, où le grand Doria ne venait plus les combattre. Pendant que le fîls naturel de Cbarles-Quint, don Juan d'Autriche, poursuivait les descendants des Maures dans TAIpujarra, Sélim II emportait l'île de Chypre, et se jetait sur Candie, dont les massacres épouvantaieiit l'Europe. Don Juan prit le commandement de ht flotte recrutée par le pape Pie V parmi les puissances qu'intéressait le salut de l'Italie menacée. Mais la victoire même de Lépante (1572), qui eut un si gi^nd retentissement dans l'Occident, n'empêcha pas les Turcs de venir emporter à Tunis les positions des ' Espagnols, réduits par la frayeur à évacuer Oran, à l'extrémité même de la côte de Barbarie. Ainsi placé sans cesse en face de l'ennemi du nom chrétien et exposé à lui disputer ses propres nvages^ Philippe 11 justifiait par la défense de la civilisation les rigueurs qu'il exerçait au nom de la foi.

Au moment où il allait tenter les derniers coups pour dompter le nord de l'Europe, les croisades que l'enthousiasme religieux précipitait sur l'Afrique lui livrèrent un nouveau royaume. Don Sébastien , roi de Portugal, habitué à voiries rois de l'Inde s'incliner devant sa couronne, pensa courber aussi facilement ceux du Maroc. Lorsqu'il eut perdu. la bataille et la vie au milieu de ces races maures qui conservaient toujours leur énergie Fatale à l'Occident, son peuple, en proie aux prétendants, subit promptement le joug des Espagnols. Par l'épée du duc d'Albe,

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qui avait à jamais aliéné la moitié des Pays-Bas, Philippe n acheva en quelques jours (iSSa) la conquéle du Portugal et la soumission des immenses établissements que ce petit royaume avait formés jusque dans les contrées les plus reculées de l'Asie. Maître alors de toute la Péninsule, qui depuis les Visigoths n'avait plus été unie sous une seule domination; du Milanais et du royaume de Naples, qui mettaient Fltalie sous sa main; de la Flandre et delà Franche-Comté, qui pressaient la frontière française; de toutes les côtes orientales où les Portugais avaient fondé des colonies régulières; des iles et des continents de l'Amérique, où les Espagnols commençaient à porter une meilleure administration; souverain dans toutes les parties du monde, gouvernant despotiquement un tiers de l'Europe, en dominant un second tiers par la maison d'Autriche, il entreprit d'en soumettre le troisième tiers, qui était formé de la France et de l'Angleterre et*d'où venaient toutes les résistances qu'il éprouvait. Au milieu même du vertige qui en cet instant s'empara de lui , il fui (idèle aux principes qu'il avait puisés dans un sentiment profond de la nation espagnole. Il se présenta non point comme un conquérant antique, mais comme le chevalier de la foi; non pas pour recommencer la Rome des empereurs, mais pour soutenir celle des papes. Par l'effet d'une réaction que le concile de Trente avait provoquée au sein de l'Église, l'antiquité, qui, au commencement du seizième siècle, semblait, jusque sur les degrés de la chaire de saint Pierre, altérer la pureté du christianisme^ maintenant se soumettait à lui pour affermir partout l'ordre et la

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discipline. Les jésuites, qui composaient la théorie de cette ère nouvelle, faisaient servir lesgrâceset les arts de l'antiquité à défendre une religion que troissiècles auparavant saint François et saint Dominique avaient essayé de rappeler à son austérité première. Du haut de son génie, Sixte V dirigeait ces milices et ces idées. Philippe II les menait au combat. Il envoya sa flotte (i 588) contre l'Angleterre, que la tempête secourut. Il jeta ses émissaires, son or, ses soldats sur la France, qui, agitée un instant par les fureurs de la Ligue , fut sauvée par la force de ses lois et par la fortune de Henri IV. Il employa ainsi les dix dernières années de sa vie à lutter ouvertement pour réaliser les desseins qu'il avait préparés avec tant de mystère et de réflexion dans les trente premières années de son règne. Lorsqu'il mourut (1098), il laissa son immense empire luttant déjà inégalement contre sept provinces qu'un petit prince de Nassau avait faites libres sur un rivage écarté de l'Océan.

Sans prévoir ces revers, sans se laisser détourner par eux, Philippe II, relevant la politique d'Isabelle et deXimenès, donna ainsi à la monarchie espagnole la forme la plus parfaite qu'elle put atteindre, le but le plus élevé qu'elle pût concevoir. Il reçut de son peuple la pensée à laquelle il se dévoua, et en la soutenant il lui fournit à lui-même l'occasion de développer toutes les ressources de son génie. Tandis qu'avec les armes de Machiavel il s'efforçait de recommencer le rôle de saint Louis, l'Espagne avait , comme au treizième siècle , la visite des bienheureux. Du milieu des anciens ordres de Saint-Fran-

3'i6 ETUDE SUR L HISTOIRE DESPAGNE.

çois et Saint-Dominique , luttant par l'élude et par les austérités contre la rivalité des jésuites ^ s'élevaient des ascètes qui, comme saint Diègue et saint Pierre d'Alcantara, renouvelaient les mortifications de la Tfaébaïde. De la* cour, sainte Catherine de Car* dône s'enfuyait au désert, où elle exaltait sa pensée parmi les anges. Le concile de Trente , qui proscri-* vait les vocations errantes, rencontra ainsi dans les solitudes de l'Espagne un peuple d'anachorètes que Rome condamna à prendre une règle et une demeure fixes. Sainte Thérèse, inspirée parla grâce et par l'un des plus beaux génies que son sexe ait produits, Faisait éclater dans ses fondations la ferveur des premiers temps, dans ses pensées l'enjouement du moyen âge, dans ses écrits le style magnifique de la Renaissance. Associé aux travaux de k réformatrice des Carmélites, saint Jean de la Croix commentait dans ses vers et dans 5»es méditations le cantique de Salomon , dont le caractère s'alliait si naturellement à la piété espagnole. Entourés de ce cortège de saints,, des savants éminents commençaient sur les lettres ecclésiastiques des travaux qui auraient de quoi étonner notre siècle [)ar leur liberté autant que par leur profondeur. Arias Montano, un des plus illustres hébraïsants de cette époque, envoyé à Anvers par le roi, y refaisait, au milieu des discussions, la Bible polyglotte d'Alcala. De celte double source de la piété et de l'érudition découla l'éloquence sacrée, que l'Espagne connut dans toute sa puissance avant les autres nations. Le vénérable maître Jean d'Avila en rencontra les premières formes dans les improvisations qu'il fit re-

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fentir au milieu des villes el des montagnes de l'Andalousie. Son disciple , frère Louis de Grenade » transporta dans l'ordre de Sainl-Dominique les lumières du seizième siècle ^ donna aux Frères prêcheurs une philosophie chrétienne pour guider leur pensée, un sermonnaire pour diriger leur parole, et répandit lui-même, dans ses discours, Tordre, l'harmonie , le nombre qu'il avait appris de Cicéron , et qu'il commença à faire passer dans la langue espagnole. La littérature spirituelle revêtit alors dans la Péninsule toutes les formes savantes de l'antiquité; nulle part elle ne fut plus féconde en pensées ingénieuses ou élevées sur les beautés de la création, sur les mouvements du cœur humain, sur toute cette métaphysique de la nature et de la vie qui fait la force des grands écrivains; elle prit les accents les plus purs et les plus délicats de la poésie dans la bouche de frère Louis de Léon, chantant les célestes désirs de son âme sur les mètres d'Horace.

Toute la nation s'associait à ces œuvres de la religion. Les royaumes dont elle avait été formée marquaient sur d'autres monuments leurs différents génies, qui produisaient ainsi la variété littéraire, au moment même où ils se soumettaient à l'unité politique. L'Andalousie, d'où les Arabes venaient à peine départir, où les vaisseaux de l'Italie alK)rdaient chaque jour, adopta les goûts de la Renaissance et y mêla l'emphase orientale qu'autrefois aussi, formée parles Phéniciens, elle avait introduite dans la littéiature latine. A Séville, Garcilasso fut commenté par Ferdinand de Herrera, qui mérita lui-même le surnom de Divin en essayant d'imiter avec pompe

3^8' jStude sur l'histoire d'espagne.

rédat de Piadare et la grandeur de la Bible. L'école nombreuse et brillante dont il était le aiaitre se groupait, à la fin du seizième siècle,. autour de don Juan de Arguijo, l'un des Vingt-Quatre de sa ville, et qui consacrait sa grande Fortune à protéger les poètes et un talent facile à célébrer les divinités de la mythologie. Au commencement du dix-septième siècle, elle se couronna en produisant Fran* cisco de Riojas , dont les chants suaves ou austères seitiblent tour à tour avoir été ^composés dans les jardins de Bagdad et parmi les ruines de Rome. Elle avait des relations intimes avec l'école de peinture qui , au siècle suivant, devait jeter un si grand éclat en Andalousie, et qui déjà possédait des maîtres habiles formés par l'Italie. A Cordoue vivait dès lors le grand Pablo de Cespedes, qu'on a pu surnommer le Michel-Ange de l'Espagne , architecte , sculpteur, peintre, antiquaire, poète, qui, dans les fragments de son poème sur la peinture, nous montre encore incontestablement le meilleur élève qu'aient formé les Géorgiques de Virgile. Pacheco, qui nous a conservé ces admirables lambeaux , et qui a sauvé aussi de la destruction les vers du divin Herrera, son ami, s'illustrait par la plume autant que par le pinceau à Séville, où il fut le maître et le beau-père du célèbre Vélasquez. Dès lors les poètes, comme les peintres de l'Andalousie, affectaient la vivacité du coloris et la richesse des images.

Tout le rivage oriental sur lequel l'Aragon s'étendit, peuplé dans l'antiquité par les colonies de la Grèce et de Rome, gouverné après l'expulsion des Maures par des institutions vigoureuses, possédait an

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