PHILIPPE II
deux hommes^ Lope de Véga et Cervantes, représentaient les deux partis qui se débattaient au sein de la Péninsule, au nom du moyen âge et de la Renaissance, et qui avaient eu successivement pour chefs Isabelle et Ferdinand, Xîmenès et Charles- Quint. Philippe II, en déterminant Tesprit de la nation, devait assurer le triomphe de Lope de Véga. Mais Cervantes, du fond de la solitude où il semblait avoir disparu, revint, après la mort du roi, avec ce livre unique du Don Quichotte qui raillait le moyen âge victorieux, l'attaquait par la satire sans le dépouiller de sa poésie, et montrait la perfection même de la langue espagnole, parce qu'il exprimait l'idée la plus vraie que l'Espagne pût prendre d'elle-même.