DE LA. LITTÉRATUME ANTIQUE
Dd règne de cette espèce de sophiste bjiabtiii date le plus ancien iiidnument de la langue romane : c'est le ran[ieiix serinent que Louis le Germanique prêta devant les soldats armés par son Frère, Charles le Chauve, de Neiislrie et d'Aquitaine ^ et dans lequel orl trouve, avec des désinences îtUéi-ées^ les mots de racine latine soumis encore, jusqu'à uti ce!*tâin point, à la loi anliquede l'inversion. Cètidiottie grossier fut pourtant, s'il en faut croire le grave dbm Rivet, transporté vers la fin du siècle en Angleterre par des moines que fît venir du monastère de Corbie Alfred le Grand, illustre imitateur du zèle de CViarlemagne pour la culture des lettres. Quel rôle ne purent pas aussi lui fhire joUel* dans la formation de la langui^ allemande, qui se constituait alorâ, tous lés missionnaires qui partirent de cette même abbaye d^ Corbie, qui s'en allèrent prêcher le christianisme en Saxe, où ils laissèrent la Savante colonie de Corwei, et qui poussèrent leur pieuse tonquête jusqu'en Danemark et en Suède?
Partagerons-nous le dédain que Ifes histot*iens oldinaires du hnôyen âgfe manifestent pbiir le dixtèrtie siècle? Notre pays a cessé de dortnêr dés empereilrs à l'Occident, où une dynastie saxbnne, hiei- encore presque sauvage et païenne, peilt aujourd'hui se fàile reconnaître, grAcbà son zèle pour la civilisation romaine, dont nous lui avons transmis le cUlte. Mais, Bossuet l'a dit, la France a pu perdre l'empire sarià perdre sa gloiie ni son rang. Tandis que la fébdalllé, cette grande réaction du génie tudesque, met en pièces le pouvoir lelevé par Charlemagne^ l'Église
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soutient, avec lé savoit* antique, la supériorité intellectuelle de notre patrie.
Les couvents, où se retranche une sorte dedémoîcratie religieuse qui plus tard luttera ouTértertient contre Tépiscctpat, entretiennent des écoles renommées; dès le siècle précèdent, Loup de FerHères, qui avait lu Virgile soUs Signlfe, élève d'AlcuIn , et Iqui avait enseigné à Fulde, avait fait fleurir dans son monastère le goiit d'une latinité élégante et polie. Le cloître de Saint-Germain à Auxerre, dont les instituteurs étudièrent sous Loup de FerrièreS, fournit erisuiledesniaîlresadmirés,quidonnèrentà Paris, avant la fin du neuvième siècle, des leçons libres el publiques, auxquelles on rattache les commencements de l'Université. Sous Abbon , un des hommes les plus instruits dii dixième siècle, l'abbayé de Fleuri fut un asile ouvert aux lettres; enfin, dans les premières années de la mêrtie période, Odon, qui avait entendu à Paris Rémi d'Auxerre, fonda en Bourgogne la célèbre abbaye de Cluny, qui devait donner à la chrétienté des papes étninents et tant d'illustres prélais.
Pendant ce temps, les évéques, qui profitent de l'indolence commune de la papauté et des Carlovingiens pour élever de plus en plus leur pouvoir, songent à le consacrer par la science. L'archevêque de Reims tente d'obtenir une sorte de suprématie sur le clergé français, et il veut avoir l'école la plus savante; il y appelle d'àbotid les rtlattrés d'AUxerre, puis l'illustre Gerbert, qui, d'Aurillâc, où il était né, avait été chercher la science en Espagne, auprès des héiiliers d'Isidore de Séville et , selon les chroniques, auprès des Arabes, qui eli avait rapporlé une connaissance