‹ Études d'architecture civile, ou, plans, élévations, coupes et détails nécessaires pour élever, distribuer et décorer une maison et ses dépendancesChapitre 37 sur 59 · PLANS, ÉLÉVATIONS ET COUPES DE L'ORANGERIE ET DE LA SERRE · texte numérisé non relu

PLANS, ÉLÉVATIONS ET COUPES DE L'ORANGERIE ET DE LA SERRE

L'exposition au sud-est est celle qui convient le mieux aux serres et aux orangeries , afin qu'elles profitent plus tôt de la chaleur et qu’elles soient moins exposées aux vents de l'ouest (x).

Ces deux pièces sont séparées l'une de l'autre par quatorze colonnes en bois, de proportion arabesque, entre lesquelles un vitrage est établi. Cette disposition agrandit à la vue chaque partie de toute l'étendue de l'autre, et fait jouir

à la fois des plantes exotiques qui végètent sous des températures. différentes.

Le mur de face de la serre et le mur de dossier de l’orangerie sont à plomb à l'intérieur, et à fruit

ou en talus à l'extérieur, afin d'opposer plus de résistance à la poussée que pour raient exercer contre

eux les combles qu'ils supportent. Pour la même raison les sablières placées sur ces murs, pour recevoir Je pied des arbalétriers, sont armées de harpons scellés en contre-bas. Au droit de chacune des fermes, celles-ci sont espacées à 4 pieds de milieu en milieu.

Les arbalétriers du comble et de l’orangerie sont liés l'un à l'autre par un entrait moisé et boulonné. Trois petites fermés én planches de sapin divisent, dans la partie plafonnée et couverte en ardoise, l'intervalle des fermes principales, qui sont en chêne. La partie inférieure du comble est garnie de châssis vitrés alternativement, l'un fixe ét l'autre ouvrant en bascule, afin de donner beaucoup de lumière et d'air aux plantes d'orangerie.

Le comble de face de la serre est formé de châssis vitrés alternativement, l'un fixe, et l'autre ouvrant en partie à charnière. Le revers de ce comble est hourdé en maçonnerie légère (plätras et plâtre), à moitié de l'épaisseur des bois, plafonné dessous et couvert en tuile. Le dessous de la traverse inférieure des châssis de l'orangérie’ est hourdé de même, ainsi que le fond du chéneau qui règne entre ces deux combles.

Une barre de fer fixée entre les deux arbalétriers de chaque ferme de la serre y fait fonction d’'entrait, si on le croit nécessaire pour s'opposer au changement de forme de ce comble. Mais un gousset assemblé à queue: d'aronde, un peu au-dessous de la jonction de ces deux pièces, nous a suffi pour consolider leur assemblage. Ajoutons que le pied des arbalétriers, reposant sur la sablière qui couronne les colonnes, est assemblé à mi-bois, boulonné et agrafé par des étriers sur cette sablière, en sorte que les deux systèmes de combles sont rendus inséparables l'un de l'autre.

ILest encore.essentiel que, dans la supposition de mouvement de ces deux combles, l'action qu'ils éxercéraient sur la sablière soit égale de part.et d'autre, afin de détruire toute tendance à renverser les colonnes. Il suffit dans ce cas que le poids soit égal de chaque côté; ce qu'on peut obtenir par le

calcul, ou par un modèle exact de deux où trois fermes, fait sur l'échelle du quart de l'exécution, qu'on poséra sur de frêles appuis; on le surchargera pour s'assurer de sa stabilité. Ce moyen pratique n’est pas à dédaigner, quand on ne veut pas se livrer à de longs calculs.

Les soins que nous recommandons ici sont indispensables, surtout quand les colonnes sont posées sans scellement sur les dalles qui couvrent le mur continu de fondation qui les supporte; on peut aussi scellér ces colonnes dans ce même mur, ce qui les exposera moins au déversement.

Nous devons observer aussi qu'on devra travailler à la fois aux deux combles, tant à leurs plâtres qu'à leur couverture , afin d'équilibrer leur poids sur les colonnes, et même avant tout, pour plus de précaution, on doit étrésillonner la sablière dans les deux sens (2).

Le large chénéau qui reçoit l'eau des deux combles est couvert en longues tables de plomb , posées à ressaut au droit de leurs recouvrements. Il suffit de leur donner 3 à 4 lignes de pente par toise ; on

(x) Voyez l'article Serre chaude, par Bosc, Encyclop. méthod.

(2) Nous insistons sur ces précautions parcequ'une construction faite en 1824, à Romainville, près Paris, sur le même système et dimensions de profil, mais de 80 pieds de longueur, et portée par vingt colonnes, a failli être renversée en notre absence par l'imprudence des ouvriers, qui, malgré nos ordres, couvrirent toute l'orangerie, firent son plafond et le chargèrent de bauge avant de rien fairé au comble de revers de la serre, et même avant d’avoir étagé la sablière , qui portait les deux combles. Nous vinmes assez à temps pour faire redresser les colonnes , en étayant le plancher en a b, pl. 114, et en étrésillonnant la sablière de c« en d; enfin en faisant charger tout le comble de la serre des matériaux, bois ou pierres qui se trouvaient sur le chantier. Le comble de revers fut ensuite hourdé et couvert en tuile. Alors les premiers étais placés, que nous avions fait lier emhaut aux fermes par des cordages, se trouvèrent tellement déchargés, que, sans cette précaution ; ils seraient tombés d'eux-mêmes : et tout fut continué sans accident. Nous espérons qu’on nous pardonnera cette note, en faveur de la leçon qu'elle renferme, sur Pimpru-

dente conduite des ouvriers et sur le danger imminent qu’ils avaient couru.

peut diriger cette pente du milieu vers les deux extrémités, ou d’un seul côté seulement. Ce chemin sert de trottoir au jardinier, pour ouvrir ou fermer les chässis de l'orangerie, et pour étendre les paillassons sur les vitrages des deux combles. Une tablette est placée sur le comble de revers pour retevoir les paillassons roulés. 4

Un second trottoir en plat-bords, avec garde-corps, est établi au-dessus des châssis vitrés de l'orangerie ; la gouttière en plomb, placée sous ce trottoir, recoit l'eau de la partie couverte en

ardoise, et l'empêche de passer sous les paillassons qui couvrent le vitrage inférieur. On parvient à ces deux trottoirs par des degrés pratiqués sur les murs des deux pignons.

Pour obtenir le plus grand avantage des rayons solaires, il faut qu'ils tombent le plus perpendicuis. On parvient à ce but en prenant

lairement possible à midi, sur le plan que forment les chàs l'époque de la moyenne élévation du soleil, c'est-à-dire celle des équinoxes, pour déterminer l'angle que fera le plan des châssis avec le plan de l'horizon; cet angle est le complément de la latitude du lieu où l'on bâtit.

Si l'on veut faire la serre en adoptant pour moyenne les équinoxes de printemps et d'automne (21 z»nars et 23 septembre 1826), à Paris, par exemple, dont x ».

la latitude est de 48 5o14) Ÿ + , 190 o o le complément 41 9 46 sera l'angle que formera le vitrage avec l'horizon. Si l'on veut faire la serre pour le solstice d'été (22 juin 1826), à la latitude de 48 5o 14 on ajoutera la déclinaison boréale. 23 28 00 : somme, 72 18 14 se » 7 #50 0 o dont le complément 17-41 46\° est l'angle que fera le comble vitré avec l'horizon. Si l'on veut faire la serre préférablement pour le solstice d'hiver (22 décembre 1826), de la latitude 48 5o 14 on soustraira la déclinaison australe 23 28 oo différence, 25 22 14 90 0:10

dont le complément 64 37 46

est l'angle que fera la façade vitrée avec l'horizon. Nous avons tracé ces angles sur la planche.

IL est évident qu'on peut faire une serre dont le comble et la face conviennent aux deux solstic

Nous avons préféré le seul angle qui satisfait aux époques des équinoxes.

La serre contient une tannée et une bâche, ou longue caisse adossée au mur de face.

Nous supposons que cette serre est divisée en deux parties égales par une cloison vitrée qui permet de voir toute sa longueur, afin de classer dans chacune les plantes qui croissent’ dans différents climats, et d'y maintenir la température moyenne qui convient à leur éducation, et qui est de 15 à 20 degrés de Réaumur.

À cet effet, deux poëles sont construits aux extrémités de cette serre ; leur capacité doit être telle qu'ils puissent contenir assez de bois pour donner en peu de temps le degré de chaleur désiré. La bouche de ces poëles est ouverte dans deux abris destinés à leur service, afin qu'aucune fumée n’entre dans la serre.

Le tuyau de ces poëles sera établi, soit sous la bâche, soit sur le mur de face, sous le bas des châssis, au désir du jardinier. Ces tuyaux peuvent se réunir à un appel et sortir par un seul tuyau.

On peut obtenir plus de chaleur des poêles au moyen des garnitures de fonte , qui transmettent dans

l'intérieur l'air extérieur qu'ils ont échauffé. Mais si la température sèche qu'ils produisent ne convient pas aux plantes, on parvient à leur donner une température humide en mettant sur le poêle un vase rempli d'eau dont la vapeur suffit pour cet objet.

Nous n'avons supposé ici pour calorifères que des poëles de construction ordinaire; mais on peut, à limitation de ce qui se pratique avec succès en Angleterre, adopter le chauffage par des tuyaux remplis de vapeur d'eau bouillante, et faire entrer cette vapeur à volonté, par des soupapes, dans la serre pour y produire l'effet de la rosée. On peut aussi placer sous le haut du vitrage un tuyau de plomb, de 6 lignes de diamètre, percé de nombreux trous très petits , espacés de 2”, qui, partant du réservoir, produira sur les plantes l'effet de la pluie.

Enfin, on formera des conduits d'aérage ouverts, soit au nord, en passant sous le sol de l’orangerie, soit aux deux pignons, soit dans le comble de revers de la serre. Ces ventilateurs ; garnis de registres, s'ouvriront au besoin pour avoir de l'air frais. Des registres ouverts dans le vitrage qui

sépare la serre de l'orangerie suffiront à cet objet. On consultera avec avantage sur ce sujet les ouvrages nouvellement publiés sur l'horticulture(r).

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