SOIXANTE-QUINZIÈME EXPOSITION
ÉGLEMENT. — Article 2. Chaque artiste ne pourra envoyer à cette exposition que trois ouvrages.
L'article 2 est l'article capital du nouveau règlement. Limiter le nombre des ouvrages, qu'un peintre peut envoyer à l'exposition est une innovation complète. Y a-t-il justice et raison à le faire? Les partisans de la nouvelle mesure disent que les artistes envoyaient trop d'œuvres ; que ce n'étaient plus
des tableaux que l'on soumettait au jury, mais des esquisses; que, le nombre d'œuvres à recevoir diminué, les œuvres gagneront de valeur, et que les artistes concentreront dans trois toiles le temps, le travail et le talent, qu'ils éparpillaient dans quatre ou cinq. Ils disent qu'une des fins de l'exposition est de donner une valeur et comme un plomb lionorable, pour ainsi dire, à toutes les œuvres exposées; que, le nombre des exposants diminuant, la valeur du numéro apposé sur un tableau haussera. Ils disent qu'en trois œuvres un homme peut entièrement élaler. Nous qui sommes les ennemis de cette mesure, nous répondrons qu'une limitation du nombre d'œuvres, avec l'institution du jury, nous semble un contre-sens; qu'un jury sévère apprendra mieux que toute autre chose aux artistes à envoyer des tableaux sérieux ; qu'un jury sévère donnera seul valeur aux numéros de l'exposition. Nous dirons que les voyages, les retards, tout le détail de la vie des artistes, peuvent empêcher un peintre d'exposer une année, deux années, et qu'il est injuste, lorsqu'il présentera sept à huit toiles de valeur, de lui opposer le nombre fati-