PRÉFACE IX
propositions eussent été acceptées par M. Leech; car,actuellement,en mai 1892, pas une planche de l'ouvrage de M. Leech n’a encore pu être livrée au public. Seul le texte des Butterflies from China, Japan et Corea à paru pour les cent seize premières pages, comprenant les Danainæ, Satyrinæe, Morphineæ et Acrœæinc.
Je dois à l’obligeance de l’auteur d’avoir pu examiner l'ouvrage immédiatement après l'impression. M. Leech me permettra d'appeler son attention sur le fait suivant :
Le 5 mai 1891, M. Leech a pris l'initiative, comme il l’a fait le 19 mai 1892, de me demander «€ quand paraîtra la prochaine partie des Études d'Entomologie? — Je serais très intéressé, écrit-il, de savoir s’il y aura dedans des espèces chinoises. »
Dès le 9 mai, j'ai répondu en communiquant les planches I, IT et ITT de la X V° livraison. Le coloriage seul en retardait l'apparition.
Le 11 mai, M. Leech m'écrivit qu'il y avait dans ces trois planches plusieurs espèces qu'il avait décrites, sans cependant me désigner lesquelles, ni sous quels noms.
Je viens seulement de les reconnaître en consultant l'ouvrage Butterflies from Clina.Ce sont lesespèces comme « Melanargia leda, Leech (Æntomologist, XXIV, Suppl. June I, 1891, p. 57, » ayant, d’après lui, la priorité sur « Arge Yunnana, Obthr, Etud. d'Entom., XV, p. 13, pl. IL, fig. 21 (July, nec June 1891); >» Yphtima Iris, Leech, et Ciris, Leech, près desquels Dromonides, Obthr, et Clinia, Obthr, sont inscrits en synonyme de la même façon.
Or,du 9 mai 1891, date à laquelle j'ai communiqué mes planches à M. Leech, jusqu’au 1° juin, jour où l'impression de la description aurait été achevée dans un Supplément au journal Æntomologist, à défaut d'autre raison, M. Leech n’aurait-il pas dû chercher à atténuer les inconvénients d’une synonymie rendue malheureusement inévitable dans les conditions de publication que lui-même avait préférées ? Il avait, en effet, tout le temps de substituer aux noms qu'il a donnés aux espèces décrites dans son Journal (en admettant
même que les descriptions n’aient pas été écrites sur le vu même de mes
x PRÉFACE
planches), les noms que j'avais choisis et qui, puisque mes planches ont paru, il y aura bientôt une année, sont encore aujourd'hui les seuls intelligibles.
Mais, j'ai conservé pour ma part trop bon souvenir des heures agréables passées jadis dans ma collection, en compagnie de M. Leech, pour que je veuille m'étendre davantage sur un sujet délicat. Je déclare d’ailleurs être en cette circonstance beaucoup moins préoccupé d'une question toute personnelle de priorité dans les noms que de celle de la synonymie dont l’intérêt est
général et j'espère que l’avenir bénéficiera de l'expérience du passé. Rennes, 28 mai 1892.
CHarzes OBERTHUR.
D'UMPER OUT DU CHIBET
Papilio Mathani, Ostar. (PI. II, ©, fig. 8; ©, fig. 12).
Découvert au Pérou, à Chachapoyas (Amazones) par M. Marc de Mathan, en 1889.
Appartient au groupe de Polydamas et se place près de Archidamas, Bdv. du Chili.
Le &, en dessus, est d'un noir verdàtre à reflet brillant; les échancrures marginales des ailes supérieures sont jaunes; des atomes jaunes sont semés assez épais près de la base, au-dessous du rameau nervural médian; les échancrures marginales des ailes inférieures sont bien plus largement et profondément jaunes qu'aux ailes supérieures. Un semis épais d’atomes jaunâtres, formant une bande assez droite, sur l’espace médian, descend depuis la nervure sous-costale jusqu’au bord anal, sans colorer toutefois les nervures qui restent noir verdâtre et qui divisent ainsi les semis d’atomes jaunâtres en une bande maculaire.
Le dessous des ailes rappelle beaucoup celui d’Archidamas; mais il en diffère comme suit : alors que chez Archidamas, l'espace cellulaire et médian des ailes supérieures reste noir et que, depuis l’extrémité de la cellule jusqu’à l’apex, et du bord costal au bord interne, la couleur jaune domine, au contraire, chez Mathani l'espace cellulaire est semé de jaunâtre et, à part les échancrures marginales, tout l’espace terminal est noir.
Aux ailes inférieures, l’espace basilaire jaune paille est bien limité dans Mathani par la bande noire qui précède les taches intranervurales argentées. Celles-ci sont moins allongées que chez Archidamas ; mais dans les deux espèces le rouge un peu orangé ou violàtre les accompagne de la même façon. Dans Mathami le bord anal est lavé de noir jusqu’à la rencontre de la nervure médiane; mais la teinte jaune paille pénètre jusqu'au bord anal, audessus de la tache anale rougeàtre.
La © diffère du & en dessus par sa teinte générale plus pâle; de plus le disque de ses ailes supérieures est entièrement saupoudré d’un mélange d’atomes jaunâtres et noirs, ce
qui donne un effet d'ensemble gris jaunâtre ; le voisinage du bord interne est un peu violacé. Le disque des ailes inférieures paraît violet pâle.
Les antennes sont noires, paraissant insérées sur deux points céphaliques jaunes; le cou et le haut du thorax sont marqués de deux points jaunes, formant, avec les deux précités, une double série de trois points parallèles. Le thorax en dessus est couvert de poils assez longs, jaunâtres ; l'abdomen est lisse et noir verdâtre en dessus dans les deux sexes.
En dessous, les côtés de la poitrine sont ornés de touffes de poils jaunes; les pattes sont marquées d'un point blanchâtre très près de leur lien d’attache au thorax; l'abdomen est latéralement liséré de jaune.
La description est faite d’après 5 & et 1 9; la variation porte principalement sur l’extension plus ou moins grande du rouge par rapport aux espaces argentés des ailes inférieures en dessous. Dans cerlains exemplaires, la tache anale seule est rouge; dans d’autres le rouge envahit et recouvre presque entièrement trois ou quatre de ces taches argentées.
Parnassius Poeta, Osrar. (PI. II, fig. 9).
Depuis la publication de la XIV° livraison des Études d'Entomologie consacrée au seul genre Parnassius, ma collection s’est enrichie d’une assez grande quantité de papillons de ce genre particulièrement séduisant. Le Parnassius que je fais connaître sous le nom de Poeta, m'a été envoyé du Thibet par Mgr Biet. [l m'a fait savoir que la capture en avait été faite pendant l'été de 1891, dans les montagnes éloignées de 6 à S'jours de marche de Tà-Tsien-Loù. Je possède 17 exemplaires du Parnassius Poeta, presque tous bien frais et appartenant au même sexe ©.
Poeta est sans doute une forme géographique d’Actius; il me parait se rapprocher surtout de celle que M. Groum-Grgimaïlo a découverte à Amdo, pendant la même année 1891 et qu'il m'a envoyée sous le nom de Mercurius.
Poeta est beaucoup plus obseur; les parties noirâtres sont plus étendues et les ailes supérieures, à part les parties blanches de l'espace cellulaire, sont, dans certains exemplaires, presqu’entièrement couvertes par un semis d’atomes noirs. Le fond des ailes dans Poeta est un peu jaunätre comme chez Mercurius. Epaphus-Cachemiriensis autre forme, sans doute issue de la même souche originelle, reste généralement d’un blanc assez pur el assez éclatant.
Dans Poeta, les antennes sont, comme chez Epaphus, annelées de blanc avec la massue
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noire; le corps est très velu; les poils sont blanchâtres, très longs et recouvrent-la base des ailes et le bord anal des inférieures; les taches rouges sont généralement très développées, mais variant comme nombre de 4 à 3 aux ailes supérieures. La tache rouge près du bord costal persiste dans tous les exemplaires que j'ai sous les yeux.
Aux ailes inférieures, la tache rouge basilaire existe parfois comme chez Epaphus type ou est absente comme chez Epaphus-Cachemiriensis. La frange est très entrecoupée de blanc et de noir; mais, aux ailes inférieures, il y a tendance à ce que le noir marginal soit rétréci et à ce que la frange soit blanche sauf au point de contact de la nervure.
La tache rouge médiane de l'aile inférieure est quelquefois pupillée de blanc.
Je possède une seule © vierge grande et extrêmement obscure, surtout aux ailes inférieures qui sont presque entièrement recouvertes par les atomes noirs, capturée au même pays que Poeta. Est-ce une autre espèce, est-ce la © de Poeta? Je ne le saurais dire avec certitude. De nouveaux documents me permettront sans doute d’élucider la question un peu
plus tard.
Parnassius Orleans, Osrar. (©, pl. Il, fig. 14); et Parnassius Orleans- Groumi, Osrar. (©, pl. I, fig. 10).
De nouveaux exemplaires du Parnassius Orleans m'ont été envoyés du même lieu alpestre où a été trouvé le Parnassius Poeta. Avec quelques S' offrant entre eux des variations, quant à l’épaississement du semis d’atomes noirs, au développement ou à la suppression des taches rouges, mais appartenant bien tous à la même forme que le Typicum specimen décrit dans la XIV® livraison des Études d'Entomologie, il y a une © pourvue de sa poche cornée, ce qui permet de compléter l'histoire de l'insecte parfait.
Ainsi que le représente la figure publiée dans le présent ouvrage, la © du Parnassius Orleans est plus chargée d’atomes noirs aux ailes supérieures que le ©’. Les ailes inférieures sont semblables à celles d’un ©, dont les macules rouges sont bien développées. ,
Quant à la poche cornée, elle est grise, en forme de sac ouvert sur le devant, et son profil ressemble un peu à un bonnet phrygien.
Le Parnassius Orleans paraît être répandu dans plusieurs localités du Thibet assez éloignées entre elles. C’est ainsi que le célèbre voyageur russe Grégoire Groum-Grgimaïilo l’a rencontré voltigeant dans les montagnes d'Amdo, pendant l'été 1891.
Dans cette localité la forme du Parnassius Orleans se distingue un peu de celle du
voisinage de Tà-Tsien-Loù. Le faciès en est bien différent. Les ailes sont généralement moins noires et la bande noire maculaire médiane qui, plus ou moins continuée ou interrompue à son centre, descend du bord costal en se creusant vers le bord interne, se trouve bien plus espacée de la bande noirâtre submarginale. Celle-ci est elle-même moins épaisse; elle atteint à peine le bord interne, de telle façon qu'il reste dans le Parnassius Orleans, d'Amdo, une grande place claire au voisinage de l’espace subterminal des ailes supérieures.
J'ai désigné cette forme sous le nom de Groumi, en l'honneur du voyageur intrépide qui a tant fait pour la connaissance de la faune entomologique de l'Asie centrale.
Parnassius Szechenyi, Friw. PI IL ©, fig. 11, ©, fig. 43).
Ce Parnassius, comme Orleans, habite aux environs de Tà-Tsien-Loù et d'Amdo. Je ne pense pas qu’il ait été retrouvé depuis le voyage au Thibet du hongrois Szecheny, jusqu'à l'été de 1891, époque à laquelle M. Groum-Grgimailo d’un côté, et S. G. Mgr Biet d'autre part ont pu en obtenir des échantillons.
Comme l'espèce n’a point encore été figurée, je comble la lacune, et désormais la connaissance exacte d'un magnifique Parnassius est assurée.
La Q figurée est de Tà-Tsien-Loù. Elle est beaucoup plus chargée d'atomes noirs que la forme d’Amdo. Le S'est d'Amdo. J'en suis redevable à l'obligeance de M. Groum.
Le Parnassius Szechenyi est une espèce tout à fait à part dans le genre. Elle est très caractérisée par la ligne de taches noirâtres submarginales descendant en escalier du bord costal au bord interne et extérieurement soulignées d’une ombre noire plus foncée.
Les ailes inférieures offrent 4 belles taches bleu ardoise centralement pupillées très finement de blanc, formant ensemble une sorte de bande submarginale à peu près ininterrompue et finissant en une ombre grise soulignée de noirâtre au voisinage du bord costal.
Le dessous est très particulier avec un ton jaunätre, transparent, d’un aspect huileux sur lequel ressort en blanc, rose päle, finement liséré rouge et noir mat, une partie des taches ordinaires.
La poche cornée de la Q a une forme analogue à celle d'Orleans; mais elle est plus développée et de couleur plus blanche.
Les pattes sont jaunâtres.
Les antennes gris jaunâtre à la base ont la massue noire.
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La © est peu velue; mais le corps du ©, ainsi que la base et le bord abdominal des ailes sont couverts de poils jaunâtres longs et soyeux.
La frange des % ailes est uniformément de la couleur du fond des ailes et n'offre point le mélange de noir et de blanchâtre qu’on remarque dans Orleans, Poeta et autres espèces.
Le Parnassius Przewalski, Alpheraki me paraît être l'espèce la plus voisine du
Szechenyi.
Pieris Oberthüri, Lercu. (PI. I, fig. 2).
Je possède six © de cette Pieris, pris par M. Pratt et les Native collectors à Chang-Yang en avril 1888 et en 1889, et que j'ai acquis chez M. Doncaster, naturaliste à Londres.
C'est une grande espèce, d’un blanc légèrement verdâtre sur les deux faces, très remarquable par la forme sagittée des traits noirs intranervuraux de ses quatre ailes, aussi bien en dessus qu’en dessous.
Elle n’avait pas encore été figurée.
Comme le Pieris Acraea, Obthr. près de laquelle se place Oberthüri, celle-ei a une tache orangée aux côtés du corps, dans le petit espace qui précède le rameau nervural.
Pieris Hastata, Osrar. (PI. I, fig. 6).
Yuannan (R. P. Deravay).
Voisine d'Oberthüri, bien distincte par le lavis jaune qui couvre toute la surface de ses ailes inférieures en dessous, et par la forme plus élargie des taches blanches aux ailes supérieures, tant en dessus qu’en dessous.
La Pieris Hastata paraît varier peu; je possède dix exemplaires des deux sexes; la o est seulement un peu plus grande que le &.
Pieris Larraldei, Osrur., forma Melania, Osrar. (PI. I, fig. 5).
A Mou-Pin, d'où proviennent les exemplaires qui ont servi de type à la description et à la figure que j'ai publiées dans la IE° livraison des Études d'Entomologie, la Pieris