‹ Études d'histoire byzantineChapitre 110 sur 178 · P. .-i'iS · texte numérisé non relu

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S. I^. 4iJ- Schlosscr, p. lO."), avait reconnu la pureté des intentions de Léon, mais lui reprochait d'avoir voulu imj)Oser ses convictions aux autres.

LA QtiF.urîi.i.r: dt.s imagf.s: m; ru t ih; la ulfoiiml 107

des empereurs chrétiens depuis Constantin le Grand'. Et dans sa réponse, contrairement à ce que l'on pourrait attendre, l'auteur de la Lettre à Léon lll ne conteste nullement le principe. Il répond seulement que les empereurs orthodoxes ont été, en effet, de véritables pontifes, tandis quelesempercurs hérétiques ne sont que des ennemis de l'Eglise', l^es empereurs byzantins étaient vraiment investis d'un pouvoir ecclésiastique supérieur à celui des évèques'. lis n'ont jamais cessé d'être non seulement des roisprêtres, mais des rois tliéologiens*. Le faitqueles empereurs iconoclastes ont promulgué des lois pour augmenter la force du pouvoir central et ont cherché à diminuer la puissance des moines, n'est pas une raison sulfisante pour croire que la préoccupation religieuse ait été absente de leur esprit.

Sehenk a montré déjà, avec beaucoup de raison, que Ton ne pouvait pas ex[)liquer la réforme de Léon par des raisons purement administratives'. Léon n'a pas subi d'influences juives, car les juifs étaient alors trop méprisés et trop haïs pour qu'un empereur ait pu recevoir conseil d'eux. Il n'a pas cherché non plus h faciliter la soumission des Arabes, car la suppression des images n'en laissait pas moins subsister entre l'islam et le christianisme des barrières dogmatiques infranchissables: la Trinité, par exemple, était aussi odieuse aux musulmans que le culte des images. A cette époqne, un soldat, même barbare, même élevé dans les camps, pouvait très bien attacher une importance considérable aux questions de dogme et de foi. l'^t ce n'est pas des empereurs au reste qu'est partie la réforme iconoclaste. En Arménie déjii, les hérétiques Messaliens avaient rejeté depuis longtemps le culte des images, et le clergé de cette province était arrivé sans trouble, ni effusion de sang, à purifier la religion du peuple. Léon était né en Syrie, au centre de l'hérésie paulicienne, voisine de la doctrine des iNIessaliens d'Arménie'. Dès son enfance, il avait subi ces influences. Plus lard il avait (^)nnu, en l'hrygie, révè<[ue Con-

I. Cf. (".ol/cr, Vcrhahnhs von Slnal imil hirrhc in By:<m: llisl. ZcU.. ii|oi.

■j.. Mansi. \ll. ijlio el s(|q. conlraircinciit \\ ro|iinion <l'llergcnrôllicr, lll. (u.

.3. (îasquot. op. Cit.

'1. V. Kamhaiid, op. cit.. |i. O2, 63, 27'!.

.'). Schei)k. hiiiscrs Leons III Wallen in Iniieni, p. 372 et sqq. La question de lorif:liie <lu tonnil îles images a été exposée en outre dans Schlosser, p. 1.50 cl sqq; Marx, p i| il s(|c| ; IlelVlc. IV, ■>'|()-2()0 ; Scliwarzlosc, p. 36 cl sqq; l'inlay, p. 2^.

(i. -nK-oiiii., A\i. 6287, p. '122.

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stantin de Nacolie, ennemi déclaré des images'. Tout porte à croire que Léon III avait été effrayé, avec une partie de son clergé, des progri's que faisait l'idolâtrie dans la population. Il est très possible qu'il ait partagé les sentiments des sectaires qui attribuaient les malheurs de Byzance au paganisme qui relevait la tète, et qu'il ait cherché à rendre au christianisme sa pureté et son élévation primitives-.

L'étude du règne de Constantin V justifie mieux encore notre manière devoir. Ce n'est pas dans des considérations d'Intérêt administratif et militaire, qu'il faut chercher la cause des principaux actes de la politique Iconoclaste de Constantin, mais dans ses convictions religieuses et son zèle de réformateur.

Remarquons, ])our commencer, que si, comme on la prétendu, la réforme des Images n'avait pas eu d'autre but que de briser la puissance monastique, il serait bien extraordinaire que les empereurs Iconoclastes eussent attendu si longtemps avant de rien entreprendre contre les couvents. Sous Léon III, malgré les édits contre les images, les moines ne sont même pas inquiétés. Les pre-

I. Leilrcs de Germain à Constantin de Nacolie et à Jean do Synnada, Mansi, XIII, Qy et sqq, 106 et sqq ; Théopliane, AM.-62ir), p. /|02.

•2. Il n'est pas besoin, pour arriver à cette conclusion, d'admettre avec Schcnk (p. 3gi) et Paparrigopoulo, (p. i()5) que dans un premier édil Léon aurait ordonne seulement de suspendre les images plus haut afin de les soustraire à l'adoration bnitale de la foule. Cet édit n'est mentionne que dans un texte douteux, la traduction latine de la \ ie d'Etienne par le secrétaire Anastase (dans Baronius, ann. 725). Il est évi^lcnt (|ue cette demi-mesure aurait clé absolument inefficace. Il n'y a pas de raison sullisanlc do douter de l'histoire du spatharocandidat .lovinus et do l'émeute do Chalcoprateia, puisque ce récit de Tbcophanc nous est confirmé par la lettre attribuée à Grégoire II, qui la raconte avec plus de détails (Théoph., p. /|o5 ; Mansi, XII, 969. V. Ilefclc, IV, 2G3, et Schwarzlose, p. 52). Cet incident prouve bien que Léon avait ordonné non seulement do déplacer les images, mais de les détruire, puisque le spatharocandidat fut obligé d'employer ime échelle pour atteindre l'image dont il s'agit cl qu'ensuite il la brisa à coups de marteau. De plus, argumenlselon nous touthfait irréfutable, les passages où l'on nous rapporte des destructions d'images dans des églises ne nous parlent jamais de statuettes, ni de tableaux sur cadre mobile, mais de peintures à fresque ou de mosaïques, que l'on détruit en les brisant ou en les recouvrant de cire ou de chaux, et qu'on ne peut par conséquent ni monter ni descendre (Nlccph., Drev., p. 77 ; Théoph., .\M. Cîâg, p. 4i3 ; Vie d'Etienne, ni3 ; .Mansi, XIII, 4oi, Lettre de Tarasias ù Irène et ù Conslantiii). .l'incline à croire que l'idcc d'élever les images pour les soustraire à l'adoration ne doit pas être attribuée à Léon lil et aux promoteurs de l'hérésie, maisqu^cllc appartenait à un parti modéré d'iconoclastes qui se maintint jusqu'à la fin de la querelle. Un passage de Tliéodore Stoudite prête à un adversaire supposé lopinion « qu'il faut suspendre les images plus haut afin qu'elles soient honorées (T'.iiiv) et non adorées (;:poa/.jve;v) » ÇAntirrh., II, p. 871).

LA QIIEIÎELLK OKS IMAOF.S : I.K lil 1' lli: LA lil'.l'ORMr. 1 0()

mii'ics mesures de Constantin contre les couvents ne reniontenl ]ias ;iu delà de l'année 766, c'cst-ii-dire qu'elles sont de plus de (|uai;nite ans postérieures aux premiers décrets de Léon l'Isaurien'. Si vraiment Constantin s'était proposé dès l'abord d'arrêter la multiplication des couvents, de diminuer leurs richesses immenses et leur influence excessive dans l'Ktat, il eût commencé par prendre contre eux des mesures purement administratives, analogues à celles quedesempereurstrèsorthodoxes, Maurice, parexemplc, avaient déjà prises à leur égard'. Il n'était nécessaire ni d'attendre pour les frapper, qu'ils eussent résisté pendant quarante ans à la volonté du souverain', ni de convoquer un concile œcuménique chargé de promulguer un dogme officiel auquel on pût réclamer leur adhésion* afin de les prendre ainsi en flagrant délit de rébellion et d'hérésie. Il n'était pas dans la tradition des autocrates byzantins d'user de moyens aussi détournés pour arriver à leurs fins.

En outre, si l'on peut invoquer la rudesse de Léon III, élevé dans les camps, et l'humilité de son extraction, pour soutenir qu'il n'entendait rien ;i l'art et ne comprenait pas la puissance de ri']glise^, ce raisonnement n'est plus possible pour Constantin V. Léon risaurien, en elTet, quel qu'ait été le but de sa réforme, a agi plutôt en administrateur. On ne voit pas qu'il ait attaché une grande importance au consentement de l'Eglise. Il a lancé son premier décret sans même consulter le patriarche Germain ou, en tout cas, sans tenir compte de son avis*". Il ne jugea pas nécessaire, pour le succès de sa réforme, que le premier dignitaire de l'h^glise partageât ses idées, et, pendant quatre ans, il laissa sur le siège patriarchal de Constantinople un homme qu'il savait nettement opposé à sa doctrine. En 780 seulement, voulant donner plus de poids ;i ses décrets, il consulte, sur la question des ima-. ges, non pas une assemblée d'ecclésiastiques, mais une réunion laujuc, tenue dans le tribunal des dix-neuf lits'. Il se contenta de convoquer Germain ii ce conseil ri de lui demander sa signature ; et c'est alors seulement que le patriarche ajjaiulonna sa charge et se retira sans être inquiété.

I. Tlic'opli., AiM. 0-.!.^7. [1. '\'M; Niccpli., lira-., [>. 71.

a. Et, plus tard, Nicépliore Pliocas.

i. Vie rV Etienne, 11 12.

,'i. Vie d'Elicnnc, Ii2'i : iNicéph.. Anlin-h., I. ag/i.

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