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La situation de Constantin V était bien difl'érente, et sa conduite sera bien difFérente aussi. TI est né ;i Byzance, il a reçu l'éducation des princes impériaux, éducation scientifique, littéraire et artistique, où la théologie tenait aussi nne place considérable. 11 n'avait rien conservé sans doute de la rudesse paternelle et devait avoir la mentalité et la tournure d'esprit d'un Bvzantin, une vénération profonde pour la religion chrétienne — ce qui n'était nullement incompatible avec le sens pratique et l'activité. « L'empire, comme le dit M. Rambaud, pouvait avoir pour maître un barbare de la Phrygie, de l'Illyricum ou de la Macédoine. Mais les empereurs, comme tous les autres barbares, étaient pris par la civilisation. Ils arrivaient au trône ne sachant ni lire ni écrire, et leurs fils étaient les plus savants de l'empire. Ils avaient été élevés dans les camps, dans la grossièreté et la brutalité de la vie militaire ; leurs fils étaient élevés dans les bibliothèques et les musées, au milieu des grammairiens, des jurisconsultes, des théologiens, des architectes et des philosophes' ».
Nous savons précisément, par la lettre de Grégoire II à Léon, que Léon avait pour confident l'évèque Théodose d'Ephèse, le futur président du concile de 753, ainsi que Thomas de Clandiopolis'. Léon risaurien a veillé évidemment à ce que le jeune Constantin, qui n'avait que huit ans au moment de la promulgation du premier édit, fût nourri, dès son enfance, dans la haine des images; ses maîtres ont pris'soin de lui enseigner tous les passages de l'Ecriture et des Pères qui concluaient contre le culte des objets matériels. Et, jusqu'à la fin de sa vie, il est resté entouré d'un cercle de théologiens, travaillant avec eux a la construction d'une dogmati(}ue iconoclaste. On nous cite parmi ceux-ci le même Théodose d'Ephèse, Sisinnius, évèque de Pergé, surnommé Pastillas et Basilius surnommé Tricacabus *.
Si Constantin est intervenu dans les alfaires de l'Eglise, ce n'était pas seulement en maître voulant emplover cette force à son service ; c'était aussi en sa qualité de prêtre-roi, disposant de l'autorité temporelle et spirituelle et investi d'une mission divine pour combattre le péché et protéger la vraie foi'. Quand les chro-