‹ Études d'histoire byzantineChapitre 115 sur 178 · XVI. — C'/nslanlin · texte numérisé non relu

XVI. — C'/nslanlin

lia COASTA>TIX V. EMPERKLU DES R0MAI:NS

en effet : « Puisque nous avons réussi il vous prouver que nous avions raison pour ce qui concerne les images du Christ, nous voulons maintenant dire en votre présence ce que nous pensons des autres images, afin que vous en jugiez aussi. Et nous nous soumettrons volontiers ;i votre décision si vous vous mettez d'accord avec les autres évèques et si vous vous appuyez sur des raisons sérieuses'. »

Il s'agit donc ici non plus dune exposition de la foi nouvelle, mais bien d'un discours adressé h des évèques par Constantin ou par ses représentants, discours dans lequel il leur fait part de ses idées et déclare vouloir s'en remettre pour le reste h leur décision. Ce curieux passage est vraisemblablement un extrait des délibérations du concile de 753, telles qu'elles avaient été consignées dans des procès-verbaux que le patriarche Xicéphore peut avoir eu sous les yeux. Et Nlcéphore établit ici une distinction entre la doctrine énoncée dans l'ouvrage qu'il cite et la doctrine personnelle de l'empereur « car Mammon, dit-il, après avoir annoncé qu'il allait se conformer à l'opinion des évèques, revient à son naturel et se met à juger et à dogmatiser de sa propre autorité", et cela nous permet de le prendre en flagrant délit de parjure et d'apostasie. >>

Après avoir constate cette divergence, Xicéphore abandonne la réfutation de l'ouvrage hérétique, dont il ne nous fait plus une seule citation jusqu'à la fin de son second discours, et se met à nous exposer la doctrine de l'empereur et les décrets qu'il a lancés contre le culte de la Vierge et des saints et contre l'adoration des reliques. « Il vaut la peine, dit-il, de voir quels étaient les desseins de cet ennemi du Christ. Il a appliqué aux saints les raisonnements qu'il faisait contre le Christ, disant que leur substance était aussi double... D'abord il voulut supprimer le nom de la Théotokos et le bannir du vocabulaire chrétien '. Ensuite il supprima et abolit toutes les prières et toutes les invocations qu'on lui adressait ; et il niait qu'elle eût auprès de son fils aucun pou-

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2. Oia xp{tJ)ç 6 aùîo; xa-. SiSâtJxaXo; à;:oça!V£Tai. Anlirrh., II, 34o.

3. -pùi-ov (iàv ot!;ozT)'puÇa'. ToXaî -r)'' Osotôxo; spolviiv xat T.iaTzx-/ i/. -^; TôJv Xp'.îJTtâvtov Y^oiaiT); ^EptîXeïv. Anlirrh., II, 34a.

LA QLEltELLE DES IMAGES! LE BUT DE LA RÉFORME Il5

voir de médiation. Même il frappa de châtiments sévères ceux qui imploreraient son intercession' et quant aux autres saints, non seulement il les méprisait et les déshonorait, mais encore il fit brûler et détruire leurs reliques'. Tels étaient, conclut Nieéphore, les desseins de l'empereur. Mais la mort l'a empêché de mettre à exécution tous les projets qu'il avait formés contre les saints''.

Knfin, dans son troisième discours, Nicéphore continue à discuter sur la Vierge et sur les saints. Mais il reprend la réfutalion de l'ouvrage iconoclaste, et cette fois il ne l'attribue plus à Mammon, mais aux évêques de son entourage et aux partisans qu'il avait conservés au moment où Nicéphore compose sa réfutation. Il emploie toujours le pluriel en parlant d'eux*, et leur reproche, comme nous l'avons vu, leur admiration pour leur maître et la confiance qu'ils lui témoignent'. Et il s'adresse ici a des gens qui reconnaissent le culte de la Vierge et des saints^. Nicéphore marque encore plus clairement la distinction lorsqu'il dit, voulant convaincre ses adversaires d'absurdité : «Allez-vous maintenant nier les intercessions des saints, comme l'a fait et l'a enseigné votre maître Mammon" »?

Ainsi, dans le premier discours, Nicéphore nous expose la doctrine commune à tous les iconoclastes, telle qu'elle se trouve définie dans les actes du concile de 753, et sans doute dans les did'érents décrets et ouvrages officiels publiés sous le règne de (Constantin et en son nom. Dans le second discours, il nous donne

ÀiTai; ~po; Tov -i/Dv/ix s? aÙTi); xal SEij^catv Iv âjitaa'.v às'. àvsftiivouv 'j-'tp tî); To3 zoivoû ;ïavTO; suTTipt'a; oi Ssoijtc'vO!... xai teXsov li; -^îaSst'a; hjttjç l;Tavaiv£"ott, £; (i)v TOÎç 3£yoiJi£vo'.; a'/.i'a où [itzfà r, 5;V.7; £:7rJoT7)TO. Anliirh., II, 3^2.

2. Ibid., 342-344. Ces renseignemenU rendent clair pour nous un passage de VAntlrrh., I, où Nicéphore laissait entrevoir déjà une contradiction entre la théologie des cvèques iconoclastes contenue dans les décrets publiés sous le nom de Constantin, el l'opinion personnelle de l'empereur. « Le Verbe, le Fils de Dieu, disait le passage cité par Nicéphore, s'esl incarné en Marie très sainte et Théotokos », et Nicéphore ajoutait : Mammon fcinl hjpocritenicnl de respecter la Vierge ; mais en réalité il s'est elTorcé de la déshonorer et il a nié sou pouvoir d'intercession. Ç\nlirrh., I, ai5.)

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