Atitirrh., H, p
7. àoT! Tt Yià; [JÀi-Tôi iiv Xcyojxsv Tr|V Oîo'toxov ypiaTOTOzov ; Théoph., AM. 6a55, p. 434.
LA QUEREr,LK HES IMAGRS : T.E BUT DE LA RÉFORME II9
pas que Nestorius est exécré et anathématisé par toute l'Eglise?» Et l'empereur répondit : « Je te l'ai demandé à titre de renseignement, par simple curiosité; ne parle à personne de ce que je t'ai dit'. » C'est ici en efFet l'hérésie de Nestorius, qui distinguait en Christ deux natures, et disait qu'il ne tenait de la Vierge que la nature humaine; Marie ne pouvait par conséquent être appelée mère de Dieu, mais mère du Christ, c'est-à-dire mère d'un homme qui avait été en même temps fils de Dieu. I^os auteurs nous parlent tous du peu de respect de l'empereur h l'égard de la Vierge". Seulement les textes ne sont pas d'accord sur le Nestorianisme de l'empereur'. Et les actes du concile de Nicée ne renferment aucune allusion ;i une telle hérésie. On accusait plutôt les iconoclastes de Terreur opposée, du monophysitisme'. Il est permis de croire que Constantin avait interdit seulement d'invoquer le nom de la Vierge'' et qu'on a pu ainsi, par confusion ou par malveillance, le repi'ésenter comme un ennemi du dogme attaché au terme de Théotokos.
L'étude du texte des chroniqueurs conduit donc au même résultat que celle des Discours de Nicéphore ou des Actes du concile de Nicée. Une seule chose est absolument certaine : c'est que Constantin a interdit d'implorer l'intercession de la Vierge et des
1. "Kid; oô aoù' ô Àoyo;. Ibiâ.; Zonaras, i334 ; Ccdrcnus, 889. Cf. Théoph., AM. 62.5g, p. 4i2.
2. Tliéostéricte nous raconte l'anecdote suivante : « L'empereur s'eirorçait do prouver à ses familiers, par des exemples, que la Vierge n'avait aucun pouvoir. 11 prenait une bourse pleine d'or et la leur montrait en leur demandant : A-telle ([ueUjue valeur? — Une grande valeur, répondaient-ils. Puis il la vidait et leur demandait: Que vaut-elle maintenant i* — Rien du tout, disaient-ils. — Ainsi, concluait l'empereur, la Théotokos (car il ne voulait pas l'appeler Sainte) a été digne do vénération tant qu'elle a porté le Christ en elle ; mais depuis sa délivrance elle est ^enibluhle aux autres femmes. » Me de \'icêtas, W. SS. Avril 1, WIV, anecdote reproduite par Georges llam., p. 982 ; Léon Gramm., p. 181 ; et Cedrenus, 880, auquel on l'attribue généralement; GlyCas, p. 628. V. Schwarzlose, p. G2.
.'i. D'après Théostéricte, d'accord en ceci avec l'auteur du Discours contre Cabatlinus (p. 338), Constantin donne précisément à la Vierge ce nom de Théotokos que Nicéphore l'accuse d'avoir voulu proscrire. Et Théophane ne nous dit pas que l'enipcrcur ait fait ouvertement profession de foi Nestorienne, ni qu'il ait cherché à imposer ce dogme, puisqu'au contraire il se défend auprès du patriarche d avoir eu cette pensée et le prie de n'en parler à personne. (AM. 62.55, p. :'i3/i.)
f\. Or. VI adv. Iconoclastas. Migne, 96, i35o ; Vie d'André de Crisis, AA. SS., octobre. Vin, l36.
5. Théoph., AM. 6259, p. /|^2. L'empereur fait chAlier ceiix qui laissent échapper l'exclamation usitée de Oîoto'/.j po-^fiti. ; Nicépb., Antirrh., IL 3.'i2 : il frappe de châtiments sévères ceux qui invoquent son intercession.
saints, et a édicté des peines contre ceux qui contreviendraient à cette défense.
«En 766, nous dit Théophane, l'empereur bannit absolument, comme inutiles, les prières à la Vierge et aux saints, écrites et non écrites ; il détruisit leurs reliques ou les fit disparaître, et punissait ceux qui les adoraient de l'exil et de tous les supplices'. » Tous les auteurs sont d'accord Ih-dessus avec les Actes du concile de 787-. Et l'on rapporte que pendant son agonie Constantin Copronyme enjoignit aux prêtres qui l'accompagnaient et aux gens de son entourage de chanter des hymnes à la Vierge qu'il avait persécutée''. Le fait n'a rien d'incroyable pour qui connaît l'âme profondément religieuse des Byzantins. 11 est très possible que l'empereur, sur son lit de mort, en proie à des souffrances terribles, ait cru ;i une vengeance de la Panagia. Les auteurs s'accordent également à attribuer h Constantin la paternité et l'invention de cette nouvelle hérésie. « Il vaut la peine de voir quels étaient les desseins de cet ennemi du Christ. C'est lui qui a appliqué aux saints les raisonnements qu'il faisait contre le Christ '. » « Voyez de quels scandales s'est rendu coupable ce novateur et ce promoteur d'hérésie ^ » « Et qui donc, continue l'auteur» serait responsable de ce fléau, sinon le maître perfide de cette héré-
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Nous trouvons déjà, antérieurement ii Constantin, quelques traces de cette hostilité contre le culte des saints et de la "Vierge. Théophane nous apprend dans un bref passage que Léon 111 était opposé non aux images seulement, mais à l'invocation de la Vierge et des saints'. Mais les ouvrages contemporains de Jean Damascène ne contiennent aucune allusion à des faits semblables. Il est hors de doute que Constantin Copronyme a été le premier et le seul h interdire les invocations et les prières aux saints cl à donner ce caractère nouveau au conflit qui s'était restreint jusque-
1. Théopli., \M. (12.Ï8, p. 439. xi: -oésosia; Tr,? àf;'aç î:ap9ivou /.a; rivtojv Twv à-p'wv iyYpàiito; w; àvtoÇcXsî; xal à-j'pâ-JU); à-ozrjfJTTuv.
2. Vie de Nicétas, XPl. SS., avril, l. \XIV ; Cedrenus, 880, 896; Georges Ham., p. 982 ; Zonaras, i334 ; Léon Gramm., p. 181 ; Aicépli., Antirrh., III, 3'|2 ; Or. adv. Const. Cab., p. 338.
3. Théoph., AM. 6267, p. 4^8 ; Cedrenus, p. 900 ; Zonaras, p. iSog ; Or. adv. Const. Cab., p. 5o5.