‹ Études d'histoire byzantineChapitre 119 sur 178 · Théoph., .\M. 6218, p. 4o · texte numérisé non relu

Théoph., .\M. 6218, p. 4o

LA (lUERELLE DES IMAGES: LE BUT DE LA RÉFORME 121

l;i à la ([uestion des images. La doctrine officielle de l'Église d'Orient n'a jamais cessé d'admettre le culte des saints. Nicéphore, après avoir rapporté les décrets de Constantin relatifs à ce culte, ajoute que la mort l'a heureusement empêché de mettre à exécution tous ses projets contre l'orthodoxie'. ¥A les ouvrages postérieurs de Théodore Stoudite montrent en effet qu'au moment où il écrivait cette question n'occupait plus dans le débat qu'une place tout à fait secondaire.

Cette évolution dans la doctrine impériale est importante; les constatations que nous venons de faire nous aideront en effet à comprendre les intentions réelles de Constantin et le véritable caractère de la réforme iconoclaste. [1 est regiettable que Scfiwarzlose n'ait pas accordé plus d'attention à cette question du culte des saints. Il se contente d'affirmer que l'empereur avait autour de lui un cercle de théologiens occupés à une lutte systématique contre les images ; « ainsi il n'est pas étonnant, dit-il, que la querelle iconoclaste se soit changée peu à peu en un combat à mort contre tout ce qui touchait de près ou de loin au culte des images, et particulièrement contre l'adoration de Marie, des saints et de leurs reliques^.» Cette évolution ne nous paraîtra plus si naturelle si nous tenons compte du fait que nous venons de constater et que Schwarzlose ne semble pas avoir remarqué : c'est que les décrets de Constantin contre le culte des saints sont en contradiction formelle avec les canons du concile de 708. Entre la doctrine oflicielle formulée aux Blachernes et les décrets postérieurs de Constantin, il y a plus qu'une diflérence de nuances. La théologie impériale ébranlait la base même de l'argumentation des évoques du concile. L'assemblée de 753 avait maintenu le culte des saints et leurs intercessions'. Si elle interdisait qu'on fit d'eux des images, ce n'était pas qu'ils fussent indignes d'adoration et sans pouvoir auprès de Dieu ; c'était au contraire parce que ces saints avaient part à la vie divine, et qu'en les représentant p«r une image matérielle el grossière on insultait à leur magnificence '. Quant aux tendances nestoriennes de l'empereur, elles ruinaient proprement le dogme olliciel des évoques iconoclastes, (tétaient cu.x <[ui accusaient les iconodoules de nestorianiser en isolant dans une imairc' la nature

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