‹ Études d'histoire byzantineChapitre 120 sur 178 · Mansi, XIII · texte numérisé non relu

Mansi, XIII

humaine du Christ'. En refusant à la Vieroe le titre de Théotokos, Constantin aurait désarmé les théologiens du concile et retourné contre eux le grief d'hérésie.

Pourquoi donc Constantin a-t-il voulu obliger les Byzantinsh renoncer à des pratiques si anciennement établies, et reconnues d'une façon aussi formelle par l'assemblée qu'il avait convoquée lui-même ?

Rappelons-nous que les adversaires des images se partagent en deux groupes, qui se sont appuyés sur deux ordres de considérations bien distincts. L'une de ces argumentations avait été imaginée après coup par les théologiens pour mettre la doctrine nouvelle d'accord avec le dogme catholique et la tradition des pères. C'était celle des évèques du concile de ^53 ; c'est aussi celle des adversaires supposés auxquels s'adresse Nicéphore dans le I" et le IIP de ses Antirrhetici. Ils se plaçaient à un point de vue strictement orthodoxe. Tout leur système repose sur le dogme christologique de l'Incarnation, énoncé en 45i au concile de Chalcédoine, et formulé en 68i au concile de Constantinople. Ils reconnaissaient la Trinité, la préexistence, llncarnatioii du Dieu Logos en Marie Sainte et Vierge, et surtout l'union ineffable, immuable et incompréhensible des deux natures, des deux volontés et des deux opérations, réelles et parfaites, mais non distinctes, inséparables, mais inconfuses, en une seule hypostase ". Les conciles précédents, disaient-ils, ont condamné Nestorius qui divisait le Christ en deux natures, et Arius, Dioscore, Eutychès et Sévère qui enseignaient le mélange des deux natures''. Or, que fait celui qui fabrique une image du Christ ? Il tente d'abord, criminellement, de représenter la divinité qui ne peut être représentée, étant infinie et immatérielle * (-epiypâçei tô âzsptypaTr-ïov). Ensuite il mêle dans son dessin la divinité avec la chair créée, qui ne peuvent être mélangées, et tombe ainsi dans l'erreur monophyslte '. Bien plus, s'il prétend ne représenter que la chair, il commet une hérésie plus grave encore ; il sépare les deux natures, ce qui est du Nestorlanisme ; bien plus, il introduit une quatrième personne dans la Trinité''.

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