LA LEGENDE DE CONSTANTIN V
Limiiopularitc de l'empereur iconoclaste remonte assez loin dans l'histoire. Au milieu du ix'-' siècle déjà, sous le règne de ^lichel 111, le tombeau de Constantin V aux Saints-Apôtres fut violé, son corps brûlé sur la place publique et ses cendres jetées au vent. Pendant tout le moyen Age la mémoire du Copronvme fut un objet d'exécration pour la population de Byzance. Et aujourd'hui encore ce souverain est particulièrement dillicile à juger, parce qu il nous est connu seulement par le témoignage de ses adversaires.
Nous savons bien qu'il a existé une littérature iconoclaste. Elle a même été considérable, à en juger par le grand nombre décrits que les partisans des images ont dû composer pour la réfuter et la combattre. Seulement cette littérature n'est pas parvenue jusqu'à nous. Le premier soin des iconolàtTres après leur triomphe a été do faire disparaître les écrits de leurs adversaires. Le canon IX du concile de Nicée ordonne « que tous les écrits et les faux décrets rendus contre les saintes images' soient déposés à la maison épiscopale de Constantinople, pour yètre enfermés avec les autres écrits hérétiques. Si quelqu'un en trouve un et le cache, il sera déposé ou frappé d'anathcme^ ». Nous .ne connaissons des écrits iconoclastes, outre une partie des actes du concile des Blachernes, que les rares fragments que les auteurs orthodoxes citent pour les réfuter. M. Krumbacher a donné la liste de ces débris'. Ce sont les citations d'écrivains inconnus nommés Jean le grammairien etAntonius, dans le Scriptor incertus de Leone V" et dans la Continuation
1. Vppclé quelquefois Constantin IV, suivant que l'on donne au successeur d'Héraclius le nom de Constantin ou celui d Héraclius le Jeune.
-3. y.a-à Twv azTzi&v E'zdviov -]'-vo;ji£v3t... Canon IX, Mansi, XIII, p. 43o.