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Mansi, XIII, 33i

LA QUKRELLF. DES IMAGES : HISTOIRE DU CONFLIT l3l

suivi systématiquement depuis les premiers décrets de Léon et que des olficiers et même des prêtres peu scrupuleux en avaient profité pour piller les églises et s'approprier les objets précieux qu'ils y trouvaient.

Mais Constantin s'est borné jusqu'en 'jôo à faire appliquer les décrets de Léon III, et cela, semble-t-il, sans beaucoup de rigueur. Nous ne connaissons, ni par les chroniqueurs ni par les hagiographes, aucun martyr dont le supplice soit antérieur à 760. Tous les textes, ceux de Théophane et de Nicéphore comme celui du concile de Nicée, s'accordent à attribuer h l'assemblée de "joù l'origine de la persécution et des maux divers qu'eurent à endurer les moines et les orthodoxes'. Le concile d'IIiéria est l'événement important de l'histoire intérieure de Byzance au viii° siècle. A ce moment-lh seulement s'ouvre la période aiguë du conflit. C'est par anticipation que les chroniqueurs saluent l'avènement de Constantin ^ par un redoublement d'invectives. Le changement de règne n'amena d'abord aucune modification dans la situation de l'Eglise et des moines. Entre y^o et 'ofi, les auteurs gardent le silence sur les affaires religieuses.

Mais pendant cette période relativement calme, la doctiine iconoclaste s'était propagée dans l'empire et y avait fait d'immenses progrès. «Le venin de l'hérésie, nous dit Théostéricte, avait pénétré partout-.» .Vu moment de la convocation du concile, Constantin avait avec lui la partie la plus importante de la population. Seuls, les moines et leurs partisans, les femmes, la fraction ignorante et superstitieuse du peuple de Byzance était restée attachée aux images. Tous les actes de résistance qui se manifestèrent plus tard vinrent des moines. Et ce ne furent que des cas isolés. Pas une seule fois nous ne voyons s'élever une insurrection analogue à celles qui s'étaient produites sous Léon III. Tous les textes nous attestent le grand nombre des adhérents de l'hérésie, la puissauce du parti impérial, la popularité de Constantin et de sa réforme. Nicéphore tout le premier compare l'empereur iconoclaste il Jéroboam » qui avait partagé le peuple et emmené avec lui le plus grand nombre'')). Nous avons maintes fois constaté que

1. Nicéph,, Breti.. p. 71 ; Thcopli., AM. 6253, p. 432, AM. 6357, p. /t36 ; Mansi, XIH, 33o: de là vinrent de grands maux par toute la terre.

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