Mansi, XIII
-. « Partout où il y avait des images on les détruisait en les brûlant ou en les jetant bas (-jpxïîa f] ocvo'ojj:'.) ou bien on les effaçait avec un enduit (àva/ptiji) » ( l l'e d'Iilicnne, p. Il l3). « Celles qui étaient en mosaïque (è/. ilr;9Îîo;). dit Tarasius, 1)11 les arrachait; celles qui étaient peintes au moyen de cire colorée (Iz zr,pciyÛTOu /p'i)|;.»TOJpvs;'a;), on les raclait » (Mansi, XIII, 4oi).
's.' ihiti.
(1. l (> tl'Éùrmie, 11 20.
iflli CONSTAjSTI.N V, EMPEREUR DES ROMAINS
regretter que les églises grecques n'aient point conservé de vestiges de l'art iconoclaste, car nous savons, par le témoignage des siècles antérieurs, que les artistes byzantins étaient arrivés, dans ce genre de décoration, à une perfection exquise'.
Il existait en outre une peinture profane florissante. Les parois du palais impérial de Constantinople, étaient décorées, sous Justinien, de mosaïques précieuses représentant les guerres du régne-. Constatln V lui-même avait peuplé la ville "de statues précieuses'* et fait exécuter sur les principaux monuments de sa capitale des peintures représentant ses victoires, et qui remplissaient le peuple d'admiration et d'enthousiasme'. Et on lui reproche précisément d'avoir respecté partout les peintures représentant des arbres, des animaux, des scènes de chasse ou de théâtre, des cavalcades, des courses de chars^
Tout cela prouve que Constantin n'était point un prince grossier, ennemi des arts et de la culture". La suppression des images n'aurait pas été l'extinction de l'art byzantin. Elle l'aurait simplement dirigé dans d'autres voies.
Constantin ordonna également la destruction, par le feu, de tous les écrits favorables aux images'. Le stratège Michel Lachanodracon fit brûler tout ce qu'il trouva dans sa province d'écrits de moines ou de pères contenant, soit des images, soit l'apologie de la doctrine iconolàtrc". A la cinquième session du concile de Nicée, le diacre Théophile déclare que plusieurs manuscrits pré-
1. Rappelons les rinceaux de Saint-Vilal et du baptistère orthodoxe de Ravenne, et surtout la bordure inférieure de la cliaire de l'évèque Maximien, conservée dans la cathédrale de la même ville. Les parois de l'atrium de Sainte-Sophie étaient recouvertes de figures d'animaux (Paul le Silentiaire, Descriplio S. Sophine, éd. de Bonn, V. 607, 612). Sur l'ambon, exécuté avec recherche et luxe, on ne trouvait que des arbres et des fleurs (i'iirf., Descriplio ambonis, p. 4()). En efTet, les fragments de l'ambon du vi<î siècle conservé dans le chœur de la cathédrale de Ravenne n'offrent que des figures de biches, de cerfs, de lions.
2. Procope, De Aeilifwiis, I, 10. Plus tard, Manuel Comnicne décorera de même le palais des Blachernes (N'icétas Choniata, Manuel Commene, liv. VII, chap. m). L'épopée de Digénès Akritas prouve qu'au x<^ siècle encore on n'avait point perdu la tradition des sujets mythologiques (Salhas, Aiiiumire de l'Association pour l'encouragement des éludes grecques , 1879, p. i^o).