LA QUERELLE DES IMAGES : HLSTOIRE DU CONFLIT
cieux ont disparu de Sainte-Sophie. Il apporte même à la tribune un ouvrage de Constantin le Chartophylax, où toutes les pages qui étaient ornées de miniatures ont été arrachées. Il montre à l'assemblée les feuillets déchirés. Alors Léon, évêque de Phocée, déclare que le fait ne l'étonné pas, et que dans sa ville plus de trente manuscrits ont été la proie des flammes'.
La résistance, très forte dans les rangs des réguliers, fut pres- ([ue nulle parmi le clergé séculier et parmi les laïques. On nous parle bien de rigueurs exercées contre des prêtres et des évoques-. Mais nous avons vu déjà que les évoques réfractaires durent être en très petit nombre — on ne nous en signale aucun — et que le haut clergé était partisan de la réforme, et très probablement ennemi des moines. Un grand nombre d'évèques se signalèrent au contraire par la rigueur avec laquelle ils poursuivirent les partisans des images. Il se trouva au concile de Nicée non seulement d'anciens iconoclastes — en si grand nombre qu'à un moment donné les Orientaux se levèrent en masse et crièrent : « Tous nous avons péché, tous nous demandons grâce* » — mais des évèques accusés d'avoir persécuté les orthodoxes. Tarasius fait la déclaration suivante : « On nous dit qu'aux temps de la persécution certains évèques ont infligé des tourments aux hommes pieux. » — Lt l'on finit par établir que Grégoire de Néocésarée, l'évêque mis en cause, a été un des chefs de l'hérésie, mais qu'on ne peut à la vérité le convaincre ni de violences ni de meurtres *.
Quant aux laïques, les auteurs prétendent qu'il en a péri un très grand nombre. Nicéphore affirme que le nomI)re de ceux qui ont soulï'ert pour leur religion est immense".
On nous apprend qu'en 760, l'année de la grande persécution, un grand nombre de fonctionnaires et de soldats furent convaincus d'adorer des images ; l'empereur les accusa de lèse-majesté,