AM. 6257, p
LA QliF.RELLE DES IMAC.ES : HISTOIRi; DU CONFLIT 167
Constantinople, il n'avait sans doute pas voulu exiger une application trop rigoureuse de ses décrets dans celles des provinces de l'Orient où le culte des images était le plus fortement enraciné.
Zonaras est sans doute dans la vérité quand il dit : « La persécution contre les moines fut telle que c'est à peine si un seul d'entre eux était resté dans la ville et osait s'y montrer en public ; mais il yen avait beaucoup de cachés; et en dehors de la ville, d'autres continuaient à mener la vie monastique. Ceuxqui signaient son écrit pouvaient vivre sans dommage'. » Les communautés qui ne firent pas d'opposition h la volonté de Constantin, ou celles que leur éloignement et leur faiblesse empêchaient de devenir dangereuses pour l'Etat, purent sans doute continuer à vivre. Lorsque Léon l'Arménien, exaspéré par la résistance des moines, ordonna la fermeture de tous les couvents de l'empire, les contemporains parlèrent de cette mesure comme d'une invention nouvelle et monstrueuse.
Si les couvents n'avaient pas tous été supprimés, tous cependant avaient été contraints à l'obéissance. Pendant les dernières années du règne, il ne se manifesta plus aucune résistance à la volonté de l'empereur, et Constantin fut libre de se consacrer aux affaires extérieures. 11 put croire qu'il avait assuré à jamais le triomphe de la réforme.
Les historiens, même les plus favorables aux empereurs iconoclastes, font remarquer qu'ils n'avaient pas tenu compte des habitudes invétérées de la population byzantine et des instincts de la race. Le peuple grec, disent-ils, avait une imagination trop colorée, un besoin trop impérieux de représentations sensibles, pour qu'il pût renoncer aux images. La réforme pouvait réussir auprès des classes cultivées ; parmi le peuple, elle ne pouvait ciu'ètre imposée par la violence.
Cependant l'appui que Constantin trouva auprès de la majorité de l'armée et du peuple prouve ([ue la réforme était parfaitement viable. Durant le règne de Léon IV, la popularité de Constantin V et la force de l'habitude suHirenl à maintenir debout les institu lions iconoclastes. Et, en 787 encore, la population était si. peu disposée à revenir aux images qu'Irène dut renoncer à tenir un concile iconoclaste à Constantinople, et fut obligée de le réunir à Nicéc, ville dont elle était plus sure. Tandis ([ue les dignitaires