‹ Études d'histoire byzantineChapitre 23 sur 178 · Migne, loo, p. igO, 5o · texte numérisé non relu

Migne, loo, p. igO, 5o

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20 COxASTAÎiTIN V, EMPKRELR DES ROMAIKS

une des plus éclatantes'. Puis il raconte à sa façon la bataille d'Anchialos, et les efforts mêmes qu'il fait pour en diminuer l'importance montrent bien qu'on en parlait à Byzance comme d'une des journées les plus glorieuses de l'histoire nationale. Il parle ensuite de la prise des villes d'Asie iMineure. S'il y avait eu dans la carrière militaire du Copronyme quelque échec grave, il n'eût pas manqué de le rappeler ici ; mais il n'en signale aucun, et il se contente de dire que les succès du Copro)iyme furent chèrement achetés, ou Ijien qu'ils furent obtenus seulement par la ruse.

Nicéphore se met ensuite en devoir de démontrer qu il ne faut pas juger les souverains d'après leur félicité terrestre et leur gloire humaine, mais d'après les titres qu'ils se sont acquis auprès de Dieu. Et cette phrase revient plusieurs fois sous sa plume : « Pourquoi glorifier la longueur et l'éclat d'un règne ?' » Et il énumère à l'appui de sa thèse les règnes les plus fameux de l'antiquité, Nabuchodonosor, Alexandre, César Auguste, pour arriver enfin à celui de Constantin Copronyme. Il le compare même au roi Jéroboam, et lui applique cette parole bien caractéristique : « il a partagé le peuple, et il a emmené avec lui le plus grand nombre ^ ).

Le règne de Constantin V, tout bouleversé qu il soit par le terrible conflit des images, nous apparaitdonc entouréd'un grand prestige de gloire politique et militaire. C'est bien la physionomie d'un autocrate byzantin que nous voyons se dégager des textes : brillant, heureux, autoritaire, ardent, ne supportant pas d'opposition ; avec cela miné par la maladie et inquiété par des scrupules religieux, objet pour les uns d'exécration, pour les autres d'enthousiasme, regardé par tout le peuple avec crainte et superstition.

Au mois de juin Si3, l'armée impériale venait d'être écrasée par les Bulgares du roi Krouni. La panique et la déroute avaient été telles que les troupes n'avaient pu se rallier qu'aux portes de Constantinople. Le péril était à son comble, l'anarchie était dans la ville ; Kroum campait devant les murs ; les faubourgs brûlaient. La population de Byzance était affolée. Tous avaient entendu

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