CHAPITRE III
l'aVÈXEMEXT de CONSTANTIN V ET LA SÉDITION DARTAVASDE
On sait que les empereurs de Byzance, afin de régulariser la transmission du pouvoir si fréquemment troublée par des usurpations, avaient pris l'habitude d'associer à l'empire, le plus tôt possible, leur filsainé. Constantin, né en 718 et baptisé le 25 octobre de cette même année, fut couronné empereur dans le tribunal des dix-neufs lits, le 20 mars 720, jour de Pâques, soit il l'âge de deux ans '.
Au moment de la mort de Léon, au 18 juin 7^0^, Constantin était donc associé à l'empire depuis plus de vingt ans ; et il venait de prendre une part active a la brillante victoire d'Akroïnon, qui avait sauvé l'empire une seconde fois du péril arabe'. Les Bulgares étaient également tenus en respect ; et l'empire, fortifié au dedans par de sages lois qui avaient raffermi le pouvoir central et rendu la sécurité aux populations, semblait plus heureux et plus prospère qu'il ne l'avait été depuis longtemps. On eût pu croire que la dynastie fondée par Léon, le sauveur de l'empire, était légitimée par le succès, et définitivement établie sur le trône de Byzance.
Mais la question religieuse avait suffi à allumer de terribles haines contre les empereurs iconoclastes. C'était uniquement par la modération de Léon III que le conflit n'avait pas amené de crise plus violente ; et Constantin put se rendre compte immédiatement des difficultés avec lesquelles il allait se trouver aux prises. Il faillit être renversé par une insurrection et ne put prendre possession du trône qu'après deux ans d'une guerre civile acharnée.
Lorsque Léon III s'était soulevé contre Théodose, il avait eu comme principal auxiliaire le stratège des Arméniaques, Artavasdc, auquel il avait promis, en cas de succès, la main de sa fille
1. Théoph., AM. 6211, p. 399; AM. 6212, f>. 4oi ; Nicéph.,i3r