CHAPITRE lY
LA POLITIQLE EXlÉll IRL IIK : LES AIIADKS
Depuis llcraclius, les invasions des Arabes avaient mis plusieurs fois l'empire il deux doigts de sa perte. L'avènement de Léon ITsaurien marque le moment du plus grand péril. En 717, sous le khalife Soliman, auquel succéda, le 2U septembre de cette même année, le khalife Omar, le général Masiama vint bloquer Byzance par terre et par mer. On connaît les péripéties de ce siège célèbre ', et l'on sait qu'après une année d'eff'orts inutiles, les troupes arabes, décimées par la famine et par la maladie, leurs flottes détruites par le feu grégeois, durent lever le siège de Constantinople. Leur retraite fut désastreuse et dix galères seulement regagnèrent la Syrie. La ténacité de Léon avait sauvé l'empire pour plusieurs siècles. Les années qui suivirent furent relativement tranquilles. Les Arabes étaient incapables de tenter une seconde fois une entreprise aussi considérable ; en outre, ils étaient menacés du côté du Nord par les tribus des Chazares. Il est probable que Léon III, qui avait obtenu le concours des Bulgares pour repousser l'invasion arabe, chercha à s'assurer également celui des peuples barbares d'au delà le Caucase ". Le mariage de Constantin V, en 702, avec la fille du Khagan de Chazarie, qui fut baptisée selon le rite catholique et reçut le nom d'Irène, est un indice de ce rapprochement'.
Cependant, :i l'avènement d'IIaïcham, en 72^, les agressions des Arabes menacèrent de nouveau l'empire. En 72."), Césaréc fut prise et Nicée même fut en danger. Cette fois encore, ce fut une diversion des Chazares en Arménie et en Médie qui procura aux populations de l'Asie Mineure quelques années de répit*. Mais, en 787, le général Abdallah-Al-Baltal pénétra jusfjue dans les provinces occidentales de la péninsule. Les annalistes arabes jiréten-
1 . V. Schenk, Kaiser Léon III, p. 22-26 ; Finlay, p. 18 et sqq. Brooks : Tlie campaiijns of •/iG-'] 18 from Arab sources. (Journ. HcU. Studios, iSycj).