‹ Études d'histoire byzantineChapitre 78 sur 178 · V. Hubert, p · texte numérisé non relu

V. Hubert, p

LA POLITinUD FATERIEURi: : L OCCiniiNT 10

le pape avnit sollicité à nouveau l'intervention de Pépin dans des lettres où il n'était plus question que des droits du prince des apôtres'. Etienne, persistant dans sa duplicité, fit bon accueilaux envoyés impériaux, et leur adjoignit, pour les accompagner jusqu'à Marseille, un légat pontifical'-. Ce n'est qu'en arrivant à Marseille que les officiers byzantins découvrirent la vérité. Alors Jean resta à Marseille et y retint le légat pontifical, pendant que Georges courait à Pavie et tentait de gagner le roi franc par des offres et des promesses^. Le ferme langage de Pépin lui enleva ses dernières illusions et dissipa toute équivoque. Pendant que Pépin, après la défaite d'Aistulf, ratifiait et complétait par un nouveau traité la donation de 'jôft ', Georges retourna à Constantinople informer Constantin V de la perte définitive de Ilavenne et de Rome.

De cette année 756 date la rupture entre Rome et l'empire. La chancellerie pontificale continua bien pendant quelque temps encore à dater ses lettres par les années du règne des empereurs'^. Mais il n'y eut plus de relations officielles entre la cour de Byzance et la curie romaine. Dans les documents pontificaux, les Byzantins ne sont plus nommés que comme des étrangers et des ennemis, — les Graeci.

Depuis longtemps déjà les relations entre l'Orient et l'Occident étaient si rares, et la domination byzantine en Italie si peu effective, que les événements de 766 passèrent presque inaperçus à Constantinople. T^es chroniqueurs byzantins ne mentionnent pas la chute de Ravcnne. Mais Constantin dut en sentir la gravité. Dans les années qui suivirent, il déploya une assez grande activité pour rentrer en possession des provinces perdues. Il commença par punir le pape en confisquant les domaines pontificaux situés sur terre d'empire, à Naples, :i Gacte, en SicIIe^ Il s'efforça ensuite, par tous les moyens, de faire rompre l'alliance francopapale.

Nous avons vu que le silentiairc Jean était resté à Marseille. En 767, au retour de Pépin en France, cet officier se rendit à la cour et commença les négociations". Le pape s'en montre inquiet

I. Cod. Car., G, p. '|8;) ; 7. p- 'igi ; 8, |i. 'ig5 ; 9, p. /|()g ; 10, p. ,5oi.

Page 1