Cod. Car., 36, p. 5'i
6. Eginhard, C/irono/.. DCC. IJ7; Mansi. XII, 7O7 ; Hefele, IV,3ig-32o; Schvvarzlose, p. (i'i.
LA POLITIIJUF. F.XTKIUEUIÎIÎ : I. OCCIDICM' 79
exhortations du pape maintinrent le roi franc clans la foi orthodoxe '.
Toutes les tentatives de Constantin V, soit pour j^agncr les Francs à sa politique, soit pour reprendre Uavenne et Rome avec le secours des Lombards, avaient donc échoué. Il reste à expliquer pourquoi cet empereur, qui a été un grand guerrier, et qui a dirigé contre les Bulgaies des campagnes aussi formidables, n"a tenté aucun edort sérieux pour reconquérir Ravenne et Rome. La politique de Constantin en Italie peut se résumer ainsi : Avant 756, ni à Ravenne ni à Rome il n'entretient d'armée suffisante pour repousser les Lombards et tenir en main l'administration de l'exarchat. Il consent ;i voir le pape prendre la souveraineté dans le duché de Rome. Il ne nomme pas de successeur au duc et patrice de Rome. Après 75G, sans se résigner au fait accompli, il n'emploie cependant en général que les armes de la diplomatie.
Léon 111 avait envoyé en Italie des troupes et une Hotte de guerre. Plus tard, Irène enverra une armée. Constantin était certes plus en état que ces deux souverains de faire valoir ses droits par la force. Il disposait d'armées noml)reuses et bien organisées. 11 y eut place dans son règne pour des périodes de paix et de sécurité, de 766 ii 772 notamment, pendant lesquelles il eût put consacrer toutes ses forces ii la conquête de l'Italie. Mais il ne semble pas y avoir songé. Toutes ses opérations militaires en Occident se réduisent ;i l'envoi en Sicile d'une flolte qui semble nèlre jamais arrivée à destination.
Il est trop facile de dire avec les anciens historiens «que Constantin aima mieux combattre les images que les Lombaids-. » Il ne faut pas non plus exagérer les conséquences de la politique religieuse iconoclaste au point de vue des destinées de l'Occident. L'hérésie iconoclaste a aigri le conflit entre le pape et l'empereur ; mais elle n'a pas été la cause principale de la rupture ; elle n'a pas eu dans ces événements l'imporlance capitale qu'on lui a attribuée. L'impératrice Irène, malgré son zèle orthodoxe, n'a pas eu plus de succès auprès des Occidentaux que riiéréti(jue Constantin. Chose curieuse, les idées iconoclastes de Constantin ont commencé h prendre racine en Occident précisé-