‹ Études d'histoire byzantineChapitre 85 sur 178 · V. llefele, IV, ■mj · texte numérisé non relu

V. llefele, IV, ■mj

8o COx\STAXTL\ V, EMPEREUR DES ROMAINS

ment lorsqu'elles ont été répudiées en Orient et condamnées par le concile de Nicée '.

Onsait que depuis Iléraclius une transformation profonde s'opérait dans le monde byzantin. L'ancien empire romain d'Orient disparaissait pour faire place à l'empire grec. Les empereurs laissaient tomber la vieille tradition romaine et ses prétentions de domination universelle. Ils renonçaient aux entreprises lointaines et aux rêves chimériques de restauration. Ils abandonnaient à leurs destinées les populations que l'éloignement détachait de plus en plus de Constantinople. En revanche ils cherchaient à grouper plus fortement autour de Byzance les populations directement soumises à l'empire. Le principe nouveau qui pouvait donner l'unité h des peuples en apparence si dissemblables était l'hellénisme ".

Constantin V est l'un des représentants les plus intéressants de cette politique nouvelle de l'empire. Sa famille était d'origine asiatique et n'avait rien de romain. Au moment de son avènement, l'Italie échappait déjà à lintluence civilisatrice et économique de Byzance. L'hellénisme avait fait sans doute quelques progrès dans la péninsule ^. Mais excepté en Sicile, et sur le littoral Sud, le fond de la population demeurait romain. La tradition nationale était trop forte, Rome trop voisine, l'Eglise trop prépondérante pour que l'Italie pût devenir grecque. La puissante aristocratie foncière, qui en Orient même était un danger pour l'unité de l'empire, devint promptement indépendante en Italie, où l'éloignement la soustrayait à l'action centralisatrice de l'administration impériale '.

Ainsi s'explique que Constantin se soit désintéressé des affaires d'Italie. Une expédition en Occident n'eût pu que compromettre la sûreté de l'empire déjà menacé au Nord et à l'Est. Les opérations militaires de ses successeurs n'ont abouti qu'à un désastre'. Plus tard les empereurs macédoniens, débarrassés de leurs enne-

1. En 79^. un concile tenu à Francfort avec l'approbation de Charlemagne interdit de rendre aucun culte aux images (Mansi, XIII, 909). En 82.>, le synode de Paris adopte les mêmes résolutions et blâme sévèrement le pape de son iconolàlrie (Mansi, \IV, '122). V. Gasquet, Emp. l>y:. et monarchie franque, p. 267-599.

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