‹ Études d'histoire de la philosophieChapitre 23 sur 44 · XXIII. — RHETORIQUE · texte numérisé non relu

XXIII. — RHETORIQUE

En rhetorique, Aristote n'a pas eu, nous dit-il, a creer. Cette science avail ete developp6e avant lui par Tisias, Thrasymaque, Theodore, el beaucoup d'autres. Mais ces auteurs restaient enferraes dans le particulier et ne depassaient pas le point de vue empirique. C'est a Aristote qu'appartient Tid^e d'une rhetorique scientifique, et particulierement la determination d'un rapport 6troit entre la rhetorique et la logique. Platon avail

(i) Source : Rhetorique,

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cherche, mais sans y r6ussir, a fonder la rhelorique sur la science. Aristote, grkce a ses theories logiques, Irouve dans la dialectique, distingu^e de Tapodictique, le fonds m6me de la rh6torique. La rhelorique est Tapplication de la dialectique aux fins de la politique, c'est-a-dire a eertaines fins pratiques. La dialectique est logiquement anl^rieure & la rh<5torique : elle est le toutdont la rh6torique n'est qu'une partie. Selon Tordre du temps la rhelorique est ant^rieure a la dialectique ; mais selon Fordre de la science, c'esl Tinverse qui est vrai.

La rhelorique enseigne a persuader par des raisons vraisemblables. La partie essentielle de la rhelorique est ainsi la doctrine des moyens oratoires. Ces moyens sont de trois sortes : V ceux qui se rapportent h, Tobjet ; 2^ ceux qui se rapportent a Torateur ; 3° ceux qui se rapportent k Tauditeur.

Les premiers consistent a faire apparaitre ses affirmations comme vraies. lis reposent sur la preuve. La preuve est ainsi Teiemen l* principal de la rhetorique; c'estaussi celui sur lequel Aristote insiste le plus. Comme la dialectique prouve par syllogisme el induction, ainsi la rhelorique prouve par enthymfeme ou demonstration imparfaite, el par exemple ou induction imparfaite. II n'y a aucun genre de preuve, semble-l-il, qui ne se ramfene a ces deux arguments. L'enthymfeme est un syllogisme ou Ton raisonne d'aprfes des vraisemblances ou des signes. L'exemple consiste, comme Tinduction, k juger d'une chose par d'aulres choses particulieres sem-

blables k celle qui est en question ; mais Texemple ne va pas de la partie au tout, il ne va que de la partie a la partie. La rh^.torique determine les points de vue d'ou se tirent les enthymfemes et les exemples : cette determination est Tobjet de la topiqiie oratoire.

Aristote distingue trois genres de discours : le delib^ratif, le judiciaire et T^pidictique ; et il trace les regies propres a chacun d'eux.

Tels sont les moyens oratoires relatifs k Tobjet. En ce qui concerne Torateur, son rdle est de faire en sorte qu'on le considere comme done d'intelligence, de probite et de bienveillance.

Enfin, les moyens relatifs a Tauditeur consistent a savoir exciter et calmer les passions. Aristote insiste longuement sur cetle partie et y deploie une psychologic tres fine. II fait une^tude interessante de Tinfluence qu'ont les 4ges iet les situations sur le caraclere et les dispositions.

A la suite de ces theories qui constituent le fonds de la rh6torique, viennent des etudes sur T^locution et la disposition, qui d6notent une connaissance approfondie de la matiere, et beaucoup de justesse el de sagacite.

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