‹ Études d'histoire de la philosophieChapitre 36 sur 44 · I. — BIOGRAPHIE · texte numérisé non relu

I. — BIOGRAPHIE

Kant est un contemporain de Frederic II et de la Revolution frangaise. Ses principaux ouvrages parurent

(1) Sources : La correspondance de Kant; la 2" partie du tome XI de l*6dition Rosenkranz et Schubert des oeuvres de Kant. Cf. Kuno Fischer, Gesch.d. n. Phil.^ t. HI, et Kantstudien, revue publi^e par Vaihinger

de 1770 h 1797, II appr^cia les triomphes du droit plus que ceiix de la force, mais il ne consentit jamais a separer la liberie de Fordre et de la discipline. Le milieu moral oil sa pensee s'est d6velopp6e fut, d'une part, le pi6tisme, de Tautre, la philosophic du xviii** si^cle. Le pi6tisme, oppose au protestantisme theologique et abstrait, mettait la pratique au-dessus du dogme^ exaltait le sentiment, la devotion, la pi6t6 interieure, Tinterprfitation individuelle des Ecritures. La philosophic du xviif si^cle, la philosophic des lumieres, scion le nom qu'elle porte en AUcmagne {Aufklserungsphilosophie), enscigne que tous les maux dont souffre Thumanit^ resultcnt de Tignorance ct de rasservissement qui en est la suite, ct que le progres des lumiferes procure, de lui-m6me, le bonheur avec raffranchissement.

La vie de Kant sc divise assez naturellemcnt en trois periodes, qui correspondent aux difKrentes phases de son d6veloppement philosophique : 1^ la jeunesse, de 1724 a 1735, ^poque des 6tudes et des premiers essais ; 2^ le stage comme privat-docent, de 1735 a 1770, epoque des travaux ant6critiques ; 3"* le professorat, de 1770 k 1797, epoque des travaux critiques et du developpement doctrinal.

Immanuel Kant naquit a Koenigsberg le 22 avrill724. Cette ville, ou devait presque sans interruption s'6couler toute sa vie, 6tait le centre d'un commerce considenililo ; Jnifs, Polonais, Anglais, HoUandais y affluaient.

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Le philosophe y trouva maliere h de nombreuses observations psychologiques et morales. Koenigsberg, villa d'universit^, 6tait, en outre, le centre de la vie intellectuelle et politique du duche de Prusse.

La famille de Kant 6tait d'origine 6cossaise. Son nom s'ecrivait Cant, et c'est lui-m6me qui en changea Torthographe, parce qu'en allemand Cant se prononce isant. Le pfere de Kant etait sellier. C'etait un homme de moeurs rigides, qui resta pauvre. Sa mfere, Anna- Regina Reuter, etait, nous dit le philosophe, tres intelligente, avait le coDur haut plae6, et, foncierement pi6tiste, entendait la religion d'une mani^re serieuse et in time, sans melange de mysticisme ou de fanatisme. Kant fat le quatrieme enfant de cette famille, qui en compta onze. La gravite, le respect des choses morales et religieuses presiderent a son education. II regut docilement cette influence et en conserva un vif et pieux souvenir.

A rage de neuf ans il entra au college Frederic, dirige par Franz- Albert Schulz, professeur ordinaire dc th^ologie a TUniversit^ de Koenigsberg. Schulz fut le premier maitre de Kant. Ardent pi6tiste, il mettait son esprit dans son enseignement. Kant apprit, aupres de lui, a placer la pi6te interieure de TAme au-dessus du raisonnement, la pratique au-dessus du dogme. On remarque qu'il a toujours parle avec respect et reconnaissance de ses maitres pi^tistes. Est-ce le philosophe, est-ce Tancien pietiste qui ecrit en 1782, dans

Tepitaphe du pasteur Lilienthal qui avait marie ses parents :

Was uns zu thun gehuhrt, dess sind wir nur gewiss,

(Ce que nous devons faire, voila la seule chose dont nous soyons

[certains) ?]

Kant passa sept annees au coUfege Frederic. II s'y passionna notamment pour le latin et pour le stoicisme romain, en qui il trouvait la religion de la discipline. Jusqu'^ la fin de sa vie il se repeta, comme une devise, les vers de Juv6nal :

Siimmum crede nefas animam praeferre pudori Et propter vitam vivendi perdere causas.

En 1740, age de dix-sept ans, il entra a TUniversit^ de Koenigsberg, dansle dessein d'y 6tudier la th6ologie. II songeait alors a devenir pasteur, mais il ne devait pas persister dans cette intention. II commenQapar suivre le cours de Martin Knutzen, professeur de mathematiques et de philosophie : Knutzen fut son deuxieme maitrQ. Lui aussi 6tait pi6tiste. En philosophie, quoique disciple de Wolff, il combattait le dualisme, et revenait k la pure doctrine de Leibnitz, suivant laquelle la force representative et la force motrice participent Tune de Tautre et se supposent r^ciproquement.

A Knutzen, Kant dut de connaitre les oeuvres de Newton, que I'on pent appeler son Iroisidme et peut-6tre son principal maitre. Le newtonisme fut pour Kant la preuve experimentale de la possibilite d'une science k

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priori de la nature. II se proposera, quant a lui, d'expliquer cette possibility, et, par Ik, d'etre en quelque sorte le Newton de la melaphysique.

Knutzen contribua a d6tourner Kant de la th^ologie vers la philosophie. Et peu a peu, du pietisme Kant eearta Torthodoxie rigoureuse, pour n'en retenir que la rigidite morale.

Ne pouvant vivre du produit de ses legons, Kant se fit precepteur (1746). II le demeura neuf ans. Cette fonction le mit en rapport avec les strangers et avec la noblesse. 11 prit un gout tres vif pour la politique et les litteratures 6trangeres. II fr6quenta le monde et tint a y faire figure d'honn^te homme.

Cette premiere p6riode de son existence se termine par la publication anonyme de son Histoire universelle de la 7iatnre et theorie du ciel (17SS), ouvrage qui pr6ludait a la theorie de Laplace sur la formation des astres.

Ayant obtenu la « promotion » grdce k une dissertation sur le feu, et « Thabilation » par une dissertation sur les principes premiers de la connaissance metaphysique, il fut nomme privat-docent. II professa les mathematiques, la physique, la theorie des fortifications, la pyrotechnic, la logique, la morale et Tencyclop^die philosophique. Son enseignement etait tres vivant. Sur chaque matiere il parlait comme un homme special. II eut un grand succes. En tre 1760 et 176911 etendit encore le cercle de ses cours et y fit entrer la th6ologie natu-

relle, Tanthropolo^ie, la critique des preuves de Texistence de Dieu, la doctrine dubeau etdu sublime.

Ici se place I'influence de Rousseau, dont les principaux ouvrages paraissaient alors et faisaient grand bruit. Kant lut Rousseau avidement, et, dans son commerce, il se passionna pour les questions morales, pour la lutte contre les prejug^s, pour le retour a la nature et a la raison. II apprit de Rousseau, nous dit-il, k ne pas m6priser les inclinations naturelles de rhomme. La science physique a priori comme fait, voila ce qu'il avail trouv6 cliez Newton ; la moralite comme fait, voilSi ce que Rousseau lui fit voir. Et il se proposa d'analyser ces fails.

Pour approfondir les questions morales il lut les moralistes anglais : Shaftesbury, Hutcheson, Hume. Bient6t, vers 1762, il connut, de ce dernier, non plus seulement les theories morales, mais les theories m^taphysiques. Cette initiation fut un moment decisif dans le developpement de sa pensee. « Ce fut Hume, nous dit-il, qui le premier interrompit mon assoupissement dogmatique, et donna a mes recherches, dans le champ de la philosophic speculative, une direction nouvelle. » Ilestvrai qu'il ajoute aussitdt : « Je n'avais garde, sans doute, d'accepter ses conclusions. » Le scepticisme de Hume etait h ses yeux suffisamment refut6 par la r6alit6 de Taction morale. II s'agissait pour lui de faire droit aux critiques de Hume en ce qu'elles avaient de fonde, sans pourtant aboutir a ses conclusions, de se frayer un

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passage entre le sceplicisme et le dogmatisme, comme entre Charybde et Scylla. Une faible indication qu'il trouva dans Locke (liv. IV, ch. ni, § 9 et suiv.) fut le point de depart de sa propre thfeorie. Ainsi I'influence de Hume, qui certes joua un grand role, consista surtout pour Kant dans un avertissement, dans une excitation k reflechir. Rien ne prouve que Kant ait eu sa phase de scepticisme ; mais c'est pour 6chapper au scepticisme de Hume qu'il chercha une position en dehors du dogmatisme traditionnel.

Peut-etre son idealisme transcendantal s'inspira-t-il de la doctrine de Leibnitz, enfin rev6l6e dans sa puret6 par la publication des Noiiveaiix Essais (1763). Leibnitz montrait, en effet, comment on pent maintenir le principe de Tinn^ite, tout en considerant Texperiencc comme indispensable a la formation de la connaissance. Mais les formes et les categories de Kant sonl tout autre chose que les virtualites leibnitiennes.

Pour devenir professeur ordinaire, Kant ecrivit et soutint une dissertation en latin sur la forme et les principes du monde sensible et du monde intelligible (1770). II fut nomme aTUniversit^ de Koenigsberg par FredericII, avec un traitement de 400 thalers (1,500 fr.). II refusa dans la suite tons les appels qui lui furent faits par d'aulres Universiles. II n'enseigna plus desormais que la logique et la metaphysique, dans son cours public, et le droit naturel, la morale, la th^ologie natu-

relle, Tanlhropologie et la geographic physique dans ses cours priv6s. II fut un remarquable professeur. II n'apprenait pas a ses elfeves la philosophie, il les formait k philosopher. Son enseignement etait simple, lucide et attachant ; il reservait la terminologie speciale et les deductions abstruses pour ses livres destines aux savants. Sur les sujets moraux, il parlait avec chaleur et conviction, il avait une eloquence male, qui subjuguait les ^mes.

Le probleme de la critique de la connaissance humaine ne tarda pas a Tabsorber. Comment pent s'expliquer Taccord d'idees conQues k priori avec des choses existant en dehors de nous ? II crut d'abord que quelques mois lui suffiraient pour r^soudre cette question : il y employa douze ans. Encore ne donna-t-il que quatre ou cinq mois k la redaction de ses pens^es, de peur d'etre entrain^ k de trop longs d6lais. Ce fut au commencement de 1781, k Riga, que parut la Critique de la liaison pure, Tun des monuments de Tesprit humain. Kant avait cinquante-septans. L'originalite et la portee de son ouvrage nefurent pas comprises des I'abord. On ne voulut voir en lui qu'un r^veur platonicien, ou un id^aliste cartesien; Hamann Tappelle un Hume prussien. Kant s'explique avec insistance dans un opuscule intitule : Prolegomenes a toute mitaphysique future qui voudra se presenter comme science (1783), ainsi que dans la preface a la seconde edition de la Critique (1787). Et siir, quant a lui, de ses principes, il emploie de plus en plus exclusi-

vement ses forces a en d^velopper les consequences, k achever son oeuvre critique, et k etablir sur cette base una doctrine complete de philosophie speculative et morale. De 1785 a 1797 paraissent les ouvrages consacres a cette t^che.

L'opinion, cependant, lui devenait de plus en plus favorable. En 179fl, le jeune Fichte lui adresse ses Aphorismes sur la religion et le d^isme, avec une lettre enthousiaste. Schiller 6tudie sa doctrine esthetique et la fait 6tudier a Goethe. J. -P. Richter ecritque Kant n'est pas une lumifere du monde, mais tout un syst^me de soleils eclatants. Kant est comments aux Pays-Bas et en Angleterre. En France, on traduit sa dissertation sur la paix 6ternelle, parue en 1795.

De la part du gouvernement, Kant renconlra estime et protection. Une seule fois il faillitfitre emp6ch6 dans Texposition de ses doctrines. Ce fui lorsqu'il ecrivit sur les matieres religieuses. II avail envoye k la Revue mensuelle de Berlin^ en 1792, un article sur le mal radical dans la nature humaine, etie Gonseilde censure en avait autoris6 Timpression. Mais un second article, sur la lutte du bon et du mauvais principe, ne fut pas admis. Or, Kant devait encore en publier deux. Condamn6 par le Conseil, il s'adressa a la Faculty de theologie, laquelle accorda Yimprimatur, Les quatre dissertations parurent sous ce litre : La Religion dans les limites de la pure raison (1793). L'ouvrage eut un succds qui alarma le gouvernement; et, le r"* octobre 1794, le minislre adressa k

Kantune leltre ou il lui demandait des explications et lui enjoignait de s'abstenir d^sormais d'ecrire sur la religion. Kant se soumit ext^rieurement. II s'engagea par 6crit a ne plus enseigner ou ecrire sur la religion « en tant que fidfele sujet de Sa Majeste royale ». Leroi mort (1797), il se tint pour degage de sa parole.

D'ailleurs, il vecut tranquille, malgr6 sa sympathie pour la Revolution frangaise. Cetle sympathie est un trait de sa physionomie morale. II voyait dans la Revolution Teffort pour fonder sur la raison Torganisation des soci6t6s humaines. M6me aprfes d794, il persevera dans ses convictions politiques, tout en desesperant de voir les choses tourner abien dans la France elle-mfeme. Jusqu'll la fin il crut k la justice, a la valeur pratique de la th^orie, au droit comme principe, k la paix eternelle comme fin realisable de la politique. Derriere les disputes des personnes, il retrouvait le conflit de Thistoire et de la philosophie, du positif et du rationnel, et il comptait, en toutes choses, sur le triomphe dela raison.

Des Tannee 1790, sa puissance intellectuelle s'etait affaiblie. En 1797, il quitta sa chaire. II travaillait pourtant encore; il travailla jusqu'a la fin a un ouvrage dont il esp6rait faire son chef-d'oeuvre, et ou il voulait expliquer le passage de la metaphysique de la science de la nature a la physique. Get ouvrage, reste inacheve, 61ail perdu : il a et6 retrouve recemment. La dernifere annee de Kant fut marquee par une decadence croissante. II mourut le 12 f^vrier 1804. Son dernier mot

fut : Esist gut (c'est bien). Ses obsfeques eurentlieu au milieu des hommages d'une admiration universelle. Son corps fut enterre sous les arcades de la cath6drale de Koenigsberg. Plusieurs statues lui furent 6levees, dont la plus c61^bre est celle de Rauch, a Koenigsberg. Kant etait un homme de petite taille, haut de cinq pieds k peine, les os et les muscles pen d6velopp6s, la poitrine plate et presque concave, Tarticulation de Tepaule et (lu bras droit legerement d6viee ; le front haut, avec de beaux yeuxbleus. Satfele fut moul6e par Knorr ; ses restes ontete exhum6s en 1880.

Kant n'a v6cu que pour la philosophie. II ne remplit aucune fonction politique, il ne se maria point. Mais il necroyaitpas pouvoir^trephilosophe sans 6treen mdme temps homme. II jugeait nficessaire d'6tre en contact avec les realites, avant de chercher a les comprendre et a les regler. Et dans ses plus hautes aspirations il se gardait de franchir les limites de notre monde terrestre. Son objet est d'y vivre par princip'es. II se fait lui-mfeme ses principes, mais il les fait absolus, et il y obeit. Le fonds ou se concilient pour lui la loi et rindependance, c'est la raison. II veut juger et se conduire par elle. En politique, il professe le liberalisme, mais il n'admet pas qu'on s6pare la liberty de Tordre, et il respecte en conscience le pouvoir 6tabli. En religion, il est rationaliste, mais il entend maintenir Tesprit du christianisme, et il appfecie les services des

religions positives. En philosophic, il attaquele dogmatisme, mais il repousse le scepticisme. En morale, il ecarte toute loi ext^rieure, mais pour se soumettre a un commandement interne plus severe que ceux qu'il rejette. Hardiesse en speculation, respect dans I'ordre des faits et de la pratique : telle est la marque de son esprit.

Kant fut un penseur plus qu'un 6crivain. Quelquesuns de ses premiers ouvrages, comme les Observations sur le bean et le sublime ou encore la Mfithodologie de la Critique de la raisonpwe, d'une maniere gen6rale les parties ou il exprime ses convictions morales, ont de Taisance, de Tagrement ou de la vigueur. Mais dans I'analyse m^taphysique son style est complique, laborieux, redondant, et souvent d'autant plus obscur que Tauteur s'est plus travaille pour 6tre clair. L'oeuvre de Kant est une pensee qui cherche sa forme. Plus achevee, efit-elle autant excite les intelligences ?

Voici la liste chronologique des principaux ouvrages de Kant, lesquels sont, pour la plupart, ecrits en langue allemande :

Pensees sur la veritable estimation des forces vives, et examen des demonstrations de Leibnitz et autres m^caniciens relatives a cette question (1797). Kant y concilie les doctrines de Descartes et de Leibnitz sur la mesure de la force d'un corps en mouvement.

La Terre a-t-elle subi quelques modifications dans son

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mouvement de rotation deptiis son origine ? (article de revue, 1754). Kant etablit, en s'appuyant sur les principe$ de Newton, que la vitesse de la rotation terreslre a dQ diminuer.

La Terre vieillit'elle? Recherche faite aii point de viie physique (article, 1754).

Histoii'e universelle de la nature et th^orie du ciel^ oil ilest traite du systeme etde t origine mecanique de rUnivers d'apres les piincipes de Newton (1755), celebre ouvrage qui parut anonyme, avec une dedicace a Frederic II, et qui prelude h. TExposition du systeme du monde, publiee par Laplace en 1796.

Rhume des meditations sur le feu^ 1755 (en latin). La chaleur, comme la lumiere, est un mouvement vibratoire de Tfither.

Nouvelle explication des premiers principes de la connaissance metaphysique (1755), these en latin pour obtenir le droit d'etre nomme privat-docent. II y est traite des principes de contradiction et de raison d6terminante.

Trois dissertations Sur les tremblements de tene survenus en 1755 a Quito et a Lisbonne.

Monadologie physique (1756), these latine; Kant la soutint en vue d'une presentation pour un professorat extraordinaire, presentation qui n'eut pas lieu. La monade leibnitienne y est transformee en atome physique.

Sur la Theorie des vents (1756), explication exacte des vents periodiques.

Conception nouvelle du mouvement et du repos{\l^%).

Qiielqties consideraiions stir Foptimisme (1759). Kant y professe que tout est boo, rapporte a rensemble des choses. Dans la fin dc sa vie il renia cet ouvrage, d'inspiration leibnitienne.

La faiisse subliliU des quatre figures syllogistiques (1762). Seule, la premiere figure est pure et primitive.

Tentative dintroduire dans la philosophie le concept des quantites negatives (1763). L'opposition reelle, dans laquelle les deux termes sont en eux-memes ^galement positifs, est irreductible a Topposition logique, ou Tun des deux termes est le contradictoire deTautre.

Vunique fondement possible d'lme demonstration de r existence de Dieu (1763). Le possible, considere, non dans sa forme, mais dans sa matifere ou ses datay suppose Texistence et, en derniere analyse, Texistence d'un 6tre n6cessaire.

Etude sur F evidence des p7nncipes de la theologie natiirelle et de la morale (1764), ouvrage compose en vue d*un concours qu'avait ouvert I'Academie de Berlin. Kant n'obtint que Taccessit : le prix fut donne a Mendelssohn. Kant oppose, comme Mendelssohn d'ailleurs, la philosophie aux mathematiques, et conclut que la methode de celles-ci ne convient pas a celle-li.

Observations sur le sentiment du beau et du sublime (1764), oeuvre de critique et de moraliste.

Programme des cou?*s pour le semes tre d'hiver 1765- 66. L'6ducation des facultes de Tesprit doit preceder

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Tacquisition de la science. Dans cet opuscule commenccnt k se raanifester des preoccupations critiques.

Les r^ves d'tin visionnaire eclaircis par les rSves de la metaphysiqiie (1766, anonyme). Cet ouvrage fut compose a propos des visions de Swedenborg. Kant y veut 6tre leger et sceptique, a la maniere de Voltaire. La seule difference entre Tilluminisme et la m6taphysique, selon lui, c'est que le premier est le r6ve du sentiment, tandis que la seconde est le rfeve de la raison : ceci ne vaut gufere plus que cela. Ne pr^tendons pas connaitre I'inconnaissable.

Du fondement de la difference des 7'egions dans tespace (1768). C'est la refutation de la th^orie leibnitienne qui pose les clioses avant Tespace, et r^duit celui-ci a n'fetre qu'un concept. II est necessaire, selon Kant, d'admettre Texistence d'un espace absolu universel.

De la forme et des principes du monde sensible et du fnonde intelligible (1770), dissertation en latin ecrite par Kant pour acquerir le droit d'etre nomm6 professeur ordinaire de logique et de metaphysique. Kant rompt avec le dogmatisme en ce qui concerne la connaissance sensible, non encore en ce qui concerne la connaissance intelligible.

Lettres a Marcus Herz, de 1770 a 1781. Kant cherche une situation intermediaire entre Tidealisme et le r6alisme.

Des di/ferentes races humaines, Les races sont des

variet6s devenues stables. Une veritable histoire des ^tres naturels r6duirait sans doute beaucoup de pr6tendues espfeces au rang de simples races issues d'une esp^ce commune.

Critique de la raison pure (1781). Connaissance theorique suppose a la fois intuition et liaison necessaire. La premiere condition n'^tant realisable pour nous qu'a propos des choses sensibles, celles-ci sont les seules que nous puissions connaitre th^oriquement. En 1787, Kant publia une seconde Edition de la Critique, C'est une question tres controversee de savoir si les changements que pr^sente cette seconde edition portent sur le fond ouseulementsur la forme. Rosenkranz, Schopenhauer, Kuno Fischer tiennent pour une modification profonde, tendant a retablir la chose en soi, qu'avait abolie, selon eux, la premifere edition. Selon le t^moignage de Kant lui-mfeme, la seconde edition fait simplement ressortir le c6t6 realiste de la doctrine, meconnu par certains lecteurs. L'affirmalion de Kant se soutient trfes bien. La premifere edition n'abolissait pas la chose en soi, mais la connaissance theorique de la chose en soi, ce qui est tres different.

Prolegomenes a toute metaphysique future qui voudra se presenter comme science (1783). Ce court ouvrage donne une exposition analytique de la doctrine, que la Critique de la raison pure avait expos6e synthetiquement, et dissipe les m^prises qui s'6taient produites au sujet de certains points de cette doctrine.

334 fiTUDES D'HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE

Conception dune histoire imive7'selle ait point de viie cosmopolitique (article de Revue, 1784).

Reponse a la question : Quest-ce que les lumieres? (article de Revue, 1784). Les lumieres, dit Kant, c'est r^mancipation de rintelligence.

Compte rendu de Vouvi^age de Herder intitule : Idees conce7*nant la philosophie de t histoire de rhumanite (article de Revue, 1785). Kant y repousse la doctrine de Tunit^ essentielle de la nature etdela liberte.

Etablissement de la mitaphysique des moeurs (1785 ; 4® 6d., 1797). Kant y determine et y assure le principe fondamental de la moralile.

Principes metaphysiques de la science de la nature (1786; 3° 6d., 1800). C'est r6tablissement des axiomes de la physique pure.

Conjectures sur le commencement de t histoire de Chumanite (1786).

De la medecine corporelle en tant qu'elle 7*essortit a la philosophie, discours en latin (1786 ou 1788).

De I'emploi des principes the'ologiques en philosophie (article 1788).

Critique de la raison pratique (1788 ; 6® ed., 1827). C'est la determination de la nature de la loi morale et du genre d'adh6sion que comportent les principes pratiques.

Critique de la faculte de juger (1790 ; 3° ed., 1799). Kant y traite du fondement et de la valeur des notions du beau et de la finalite.

Sur rUluminisme et les remMes a y opposer (1790), dissertation ecrite a propos de Cagliostro.

Stir Fechec de toutes les tentatives des philosophes en matiere de theodicee (1791).

La 7*eligion dans les limites de la pure raison (1793; 2® ed., 1794). C'est la deduction ou legitimation de la religion. Cela seul y est fond<5, qui se rapporte a la morale. II faut tendre a rendre la religion purement rationnelle.

Sur le lieu commun : a Cela est bon en theorie. mais ne vaut rien dans la pratique » (article de Revue, 1793). Kant y rejette cet aphorisme usuel non seulement en ce qui concernelamoralite, mais encore en ce qui concerne le droit politique et le droit des gens.

De rinfluence de la lune sur le temps (article, 1794).

De la paix eternelle^ essai philosophique (1793). Kant place dans la paix eternelle le but du dfeveloppement historique de Thumanit^, et cela, non pas au nom du sentiment, mais au nom de Fid^e de justice.

Principes metaphysiques de la theorie du d7*oit (1797 ; 2^ed., 1798). C est la theorie du droit ou de la I6galit6, telle qu'elle se d6duit dela critique de la raison pratique. Principes mitaphysiques de la theorie de la vertu (1797; 2® 6d., 1803). C'est la theorie de la morality, telle 6galement qu'elle suit de la critique. L'ensemble de ces deux ouvrages porte le titre de Metaphysique des moeurs.

La dispute des Facult^s (ouvrage auquel est joint un article de 1797 : Sur le pouvoir qu'a C esprit de se

rendre mattre de ses sentiments maladifs par sa seule volonte (1198). C'est le coriflit de la Faculte de philosophie, representant la virile rationnelle, avec les trois autres, theologie, droit et m6decine, lesquelles repr6sentent les disciplines positives.

Anthropologie traitee au point de viie pragmatique (1798; 2® ed., 1800). L'anthropologie pragmatique est Tart de tirer parti des hommes en vue de ses propres fins.

Logique, ouvrage de Kant public par Jsesche (1800).

Geographie physique^ ouvrage de Kant public par Rink (1802-3).

Siir la pedagogie^ ouvrage public par Rink (1803). Ce sont des observations tiroes d*un cours fait plusieurs fois par Kant sur ce sujet.

Passage des principes metaphysiques de la science de la nature a la physique^ ouvrage rest6 inachev^, ecrit entre 1783 et 1803, public d'abord par Reicke de 1882 a 1884, dans les Altp7*eussische Monatschrifteji, puis, plus compl^tement, par Albrecht Krause (1888). C'est le progres de la deduction allant de la metaphysique de la nature mat^rielle a la physique exp6rimentale consideree comme science, c'est-a-dire comme systfeme.

Reflexions de Kant sur la philosophie critique^ publiees par Benno Erdmann (1882-84).

Lettres. EUes ne sont guere qu'au nombre de 100, dont 19 adress^es a Marcus Herz.

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