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IV. — CLASSIFICATION DES SCIENCES

Sans 61re arrive a la precision ni m^me a la fixity dans le detail, Aristote n'en est pas moins le premier qui ait conQU la science a un point de vue encyclopedique, et qui ait cherche un principe de classification complete des connaissances.

La science, d'abord, se distingue nettement deschoses mSmes auxquelles elle se rapporte. EUe consiste dans la conception des choses comme necessaires ; et elle comporte des degr^s, selon que Tobjet qu'elle considere comporte lui-m6me la necessite, ou seulement la probability.

La science, dans son ensemble, suit une double direction, selon que Tesprit humain prend pour point de depart ce qui est premier a son point de vue, ou ce qui est premier absolument. Ces deux marches sont exactement Tinverse Tune de Tautre : car ce qui est premier pour nous, ce sont les faits, et les faits, selon Tordre interne de la nature, sont ce qui existe en dernier lieu ; reciproquement, ce qui est premier en soi, ce sont les principes, et les principes sont la derniere chose que nous puissions atteindre.

La philosophic, au sens large du mot, est la science

no fiTUDES D'HISTOIRE DE LA PHILOSOPHIE

en general. Elle comprend, en premier lieu, la philosophie premiere ou science des principes incondilionn^s ; en second lieu, Tensemble des sciences particulieres, dont les principales sont : la mathematique, la physique, Tethique et la po6tique. La philosophie est une, gr^ce a la philosophie premiere qui est le reservoir commun oil toutes les sciences particulieres puisent leurs principes.

Cette division, quoique fondamentaie, ne reparait pas toujours dans les classifications des sciences que Ton trouve chez Aristote. En certains endroits il divise les propositions, a la maniere des platoniciens, en ethiques^ physiques et logiques, ces dernieres comprenant les propositions mfemes qui se rapportent a la philosophie premiere.

Le plus souvent il divise les sciences en theoriques^ pratiques (ou relatives a Taction) et poetiques (ou relatives a la production au moyen d'une mati^re), en mettant, au point de vue logique et absolu, la theorie avant la pratique, la pratique avant la poetique. Puis il subdivise les sciences th^oriques en theologies mathematique et physique. La th^ologie peut 6tre rapprochee de la philosophic premiere : elle en forme le sommet. Les math6matiques s'occupent d'essences stables encore, mais non s6parables d'avec la matiere, si ce n'est par abstraction. La physique s'ocoupe des substances sensibles, c'est-a-dire mobiles et perissables. Les sciences pratiques ou sciences des choses humaines se subdivisent, si Ton va de la puissance ^ Tacte, c'est-a-dire de

ce qui est premier pour nous a ce qui est premier en soi, en ethique^ economique et politique. L'economique, a vrai dire, est souvent donn^e par Aristote comme rentrant dans la politique. La rhetorique est surtout presentee comme une science auxiliaire de la politique. La po6tique comprend tons les arts, parmi lesquels la po^sie et la musique tiennent le premier rang. Dans cette classification il n'est pas fait mention de la logique. C'est sans doute que celte classification n'embrasse que les sciences portant sur des r6alit6s, landis que la logique porte sur les concepts.

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