‹ Études d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 14 sur 42 · XII. — ASTRONOMIE · texte numérisé non relu

XII. — ASTRONOMIE

Aristole s'est beaucoup occupé d'astronomie. Simplicins rapporte, d'après Porphyre, que, en vue de ses études dans cette science, il fit recueillir par Callisthène les observations astronomiques faites par les Chaldéeus à Babylone, notamment des observations remontant à 1900 ans avant Alexandre. Aristote luimême nous dit qu'il utilisâtes observations, remontant à une haute antiquité, des Égyptiens et des Babyloniens. Il avait écrit un 'A(r:povo;jL!.x6v, qui est perdu.

Tous les êtres célestes, selon Aristote, sont sphériques. Le premier ciel, ou ciel des étoiles fixes, est une sphère. Les planètes sont mues par des sphères; la terre est'

sphérique.

Tout mouvement simple est un mouvement de rotation autour d'un axe. Le ciel des fixes n'a qu'un mou» vement. Le ciel des planètes (Saturne, Jupiter, Mars, Vénus, Mercure, Soleil, Lune) en a plusieurs pour chaque planète. La terre n'a pas de mouvement.

Aristote paraît être l'auteur de la doctrine de la sphéricité de la terre, comme de la juste explication des phases de la lune.

Il travailla, en commun avec l'astronome Gallippe, à compléter et à rectifier la théorie des sphères d'Eudoxe, qui était le premier astronome du temps, et la théorie

(1) Sources : De Caelo ; Méf., XII, 8.

fr'^tf

Jîî ÉTDDES DIUSTOIRE DE LA PiriLOSOPIIIE

de Callippe lui-même. Voici le résumé de sa théorie Il faut, dit Aristote avec Platon, lequel suivait en cela Eudoxe et Callippe, admettre, et le nombre de sphères et, pour ces sphères, le mode de mouvement, nécessaires pour expliquer, sans autres éléments que des mouvements rotatoires uniformes, les révolutions des planètes, telles qu elles se manifestent à l'observation. En posant a.nsi le problème, Eudoxe arrivait à supposer vingt-six sphe>es, Callippe trente-trois. Aristote admet le chitTre de Calhppe. Mais comme, dans sa philosophie, les sphères extérieures sont aux intérieures ce que la forme est a la matière, il lui faut ajouter des sphères antagonistes, pour que chaque sphère extérieure n'imprime pas son mouvement à toutes les sphères qui lui sont .n eneures, comme fait la sphère des étoiles fixes. Il v a donc, pour chaque planète, autant de sphères antagonistes qu'il en faut pour annuler l'action des sphères planétaires extérieures. Ces sphères supplémentaires sont au nombre de vingt-deux, lesquelles, ajoutées aux trente-trois de Callippe, font cinquante- cinq sphères, yue s, 1 on estime que le soleil et la lune, très éloignés des autres planètes, n'ont pas besoin de sphères antagonistes, le nombre total des sphères sera réduit à quarante-sept. Voilà, dit Aristote. ce qui est vraisemblable Quant au nécessaire, nous en laissons l'affirmation à plus nardi que nous.

A chacune de ces sphères le mouvement doit êlre communiqué, comme au premier ciel, par une substance

ARISTOTE

loa

incorporelle, un esprit, un dieu. Les astres, objet et fin des mouvements des sphères, en sont d^ailleurs, par là même, les causes véritables. Les astres sont ainsi des êtres animés, raisonnables,- supérieurs à lliomme.

Page 1