‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 2)Chapitre 98 sur 141 · Ibid., I · texte numérisé non relu

Ibid., I

2. Ibid., I, 53. « Gesetzt nùn das Gemûth bestehe in eir 80 ist es ùnzertheilich und ùnzerstôrlich. »

3. Ibid., I, 72 : « Cum enim sit a me demonstratum loc mentis nostrae esse punctum quoddam seu centrum, ex consequentias mirabiles de mentis incorruptibilitate, £ bilitate quiescendi a cogitando, de impossibilitate obli\ vera atque intima differeritia inter motum et cogitatioi

s'il pouvait à lui seul fonder un sentiment, reviendrait en

tout cas à sentir la même chose dans une durée finie ; or,

selon le mot de Hobbes, dont il n'y a guère de doute que

ibnitz se soit souvenu encore ici : « sentire semper idem

nihil sentire ad idem recidunt * » ; et ainsi, comme

Leibnitz, « actione et reactione, seu comparatione

proinde harmonia, ad sensum et sine quibus sensus

Uus est, voluptatem vel dolorem, opus est. » Penser,

d'autres termes, c'est se souvenir, quand toute compa-

son suppose d'autre part la persistance des termes

nparés jusque dans la synthèse où ils s'opposent et jus-

e dans l'harmonie où ils se réunissent ; et il ne faut rien

plus pour démontrer enfin qu'elle ne saurait se trou-

? ailleurs qu'au point de réunion de conatus multiples,

qu'elle n'en est le lieu qu'autant que, d'autre part, elle

une synthèse incapable d'oublier et, par suite, iûca-

ble de cesser de penser.

C'était donc satisfaire à toutes les propriétés des âmes, notamment à celle qu'elles ont d'être la réunion d'une îltiplicité d'actions allant à l'infini tout en restant « sibi ime praesentes » que de leur assigner leur véritable u dans des points de l'espace ; car telle est pour Leibz la nature du point que, de même que par la multitude înie de ses parties, il répond en quelque sorte à la mulude infinie des Actions de l'Esprit, de même parce que s parties sont indistantes et parce qu'il est inétendu, il pond à l'unité formelle de la conscience, « laquelle est mme un monde rassemblé en un point 2 ».

Peut-on dire cependant que l'âme indivisible convienne me manière si parfaite avec l'indivisible géométrique, du moins que le définit Leibnitz, qu'elle y trouve non ulement son véritable lieu 3 , mais encore son essence ?

L. De Corpore, p. IV, ch. xxv, § 5. V. Gerh., PhU., IV, p. 230. i. Gerh., Phil., I, 61. Also ist Mens eine Kleine in einem Punct ^riffene Welt.

\. ï-ocum verum mentis nostrae esse punctum quoddam seu cenim. laid., I, 72. — Locabam Animas in punctis. A. Des Bosses, 372. — Mentem consistere in puncto seu centre Ibid., I, 61.

Pour y être indistantes, on ne peut dire qu'il n'y ait p de parties dans un point ; et quoique dans la pratique < géomètre, on admette en un sens qu'elles sont inas gnables ou « inconsidérabiles », elles le sont, en effet, peu dans l'absolu que le tout qu'elles constituent se pré à la considération du plus grand et du plus petit, pu qu'il y a des points plus grands que d'autres points. ( il n'est pas douteux que, même dans ces limites et sous telles réserves, l'âme ne soit affranchie de toute conditi de grandeur et de quantité. C'est d'une manière absoli et non pas seulement d'une manière relative, qu'elle i point de parties, quand le fait pour elle d'avoir des part: la rendrait incapable d'être sibi intime praesens, ai; qu'elle l'esl en fait, quelle que soit d'autre part la mu plicité de ses actions. Et ce n'est pas pour rien que Le nitz a dit d'elle que, non seulement elle est, comme t< indivisible, incorporelle et inétenijue, mais qu'elle est i substance. Si donc elle conserve avec l'indivisible géoi trique quelque correspondance et quelque proportfon, faut pourtant reconnaître qu'elle est encore plus que vraiment indivisible, et qu'elle ne saurait l'être qu'en et; complètement dépourvue de parties. Est-ce à dire c Leibnitz, qui se trouve engagé dès lors dans la voie qui conduira plus tard aux monades véritables, songe à v déjà dans de telles âmes des atomes formels ou des poï de substance ? Nous n'avons garde de le soutenir ; m ce point sans parties qu'on ne peut concevoir géoméi quement que comme une limite de ces indivisibles p grands les uns que les autres le ramène si près du po mathématique, qu'il semble qu'il en ait réintroduit la ] tion dans sa doctrine en même temps que celle des an incorporelles 1 . Bien qu'elle garde avec lui de très ré rapports, l'âme est donc bien moins l'indivisible relatif la géométrie qu'elle n'en est la limite ; en sorte que, ri

1. Voyez le rapprochement de ces deux termes dans la criti qu'il fait de Hobbes à la page 239 de la Th. m. abstr. Gerh. t P) IV. Tollit mentes incorporeas, tollit indivisibilia vera.

int par là jusqu'à la faire sortir de l'espace, Leibpouvait l'y réaliser qu'en un point, et en un point tatique, comme il le dit formellement 'dans la lettre Frédéric de 1671 *, et comme il le rappellera plus . P. des Bosses *.

mouvement de sa doctrine qui l'oblige à reporter, 'il s'en soit rendu peut-être un compte exact, le véri- 3U de l'âme jusqu'au centre mathématique et rigouent indivisible d'un cercle, se rattache à nos yeux une e théorie dont nous trouvons l'indication dans la ettre au duc Jean Frédéric. Si l'âme est, en effet, t où se rencontrent une multitude innombrable de \ dont elle est la synthèse, comme au centre d'un se réunissent par leurs sommets un nombre infini s, c'est un fait cependant qu'elle ne s'en distingue rime une limite des termes qui s'y rapprochent, et l'on peut dire, d'un premier point de vue, qu'elle l'expression exacte et rigoureuse, il faut dire en îe, d'un point de vue opposé, préférable au pre- [u'elle y trouve pour la première fois dans l'espace ssion qui lui convient. La substance de l'âme ne 3oint, en effet, le principe du mouvement, comme z l'a reconnu cependant en propres termes, si ce point d'elle que part le rayonnement du mouvement espace. Mais si de ce point de vue elle trouve t mouvement et partant dans les corps, qui consisns le mouvement, une expression d'elle-même qu'on ire éloignée, ce ne peut être qu'autant qu'elle ait d'abord, dans ce qui est dans l'espace l'élément du nent, ou dans les conatus qui concourent en elle en un point central, une expression prochaine, uvement qui étend le corps dans l'espace, il faut istinguer non seulement cet inétendu qui est l'âme ubstance, mais ces inétendus d'un autre ordre qui,

nimae in puncto mathematico constitutae... Ibid., I t p. 54. e multos annos, cum nondum satis matura esset philosoi, locabam Animas in punctis. Ibid., II, 372.

groupés autour du centre qu'elle d'un point tous les angles d'un expriment en quantité *, il est vrai de l'exprimer en extension, tout dont il est vrai de dire qu'elle toute quantité qu'à toute extensioi Il y a donc dans les corps ce qi véhicule de l'âme, autour de la s stantiel, qui en est, selon Leibnit chain (proximum instrumentum), ( propres expressions, en un poim consiste elle-même en un point nu on ne peut concevoir un seul corp dans l'espace, sous la forme du m< virtuelles ou mieux des conatus j Leibnitz était d'avis qu'il n'est pa soit dépourvu : « Nemblich, écrit-i fast der Meinùng, dasz ein jeder chen als Thiere, Krâutter ùnd seiner Subslanz habe, der von < wie ess die chymici nennen, ex 1 mate bestehet, ùnlerschieden. » I] qu'au punctum saliens qui, dans animaux, rassemble en soi le noya il est, en d'autres termes, dans t par suite sans exception organisés des* animaux, un principe de vi< sans qu'on puisse concevoir qu'il nue 5 , puisque, étant constitué pa lui-même inétendu, il est le poir mouvements des corps, quand il

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