De Corpore, II, ix
d'une manière non équivoque que l'effet dépend des corps, non en tant qu'ils sont des corps, mais en tant qu'ils sont qualifiés par leurs accidents divers : « Ignis non ideo calef acit quia corpus est, sed quia calidum ; nec corpus unum aliud pellit quia corpus est, sed quia movetur in ejus locum*. » Or si la qualité n'est qu'une forme du mouvement, n'est-il pas vrai qu'elle n'est qualité que pour nous qui la pensons, et qu'ainsi elle n'a de réalité que dans la représentation, ne fût-elle d'ailleurs, ce qui est contestable, que le signe du mouvement qui la produit ? Ainsi les équivalents du mouvement, pour l'être qui pense, sont les accidents, et à l'évaluation des causes et des effets, qui se succèdent réellement, on peut substituer un calcul de leurs signes : additionner tous les accidents, c'est établir la nature de la cause; quand l'addition est effectuée, la somme s'appelle l'effet 2.
La cause intégrale {causa intégra) est donc dans les accidents réunis de l'agent et du patient ; s'ils sont tous pré- » sents, l'effet est produit ; s'il en manque un seul, l'effet ,. n'est pas produit. L'accident, soit de l'agent, soit du pa- ,1 tient, sans lequel l'effet n'est pas produit, est appelé cause ;^ nécessaire ou sine qua non 5. La somme des accidents pro-
! ducteurs (ceux de l'agent) est appelée, mais seulement après
la production de l'effet, causa efficiens ; la somme des accidents réunis de l'agent et du patient ; s'ils sont tous prépourvu toutefois que l'effet soit produit ; car là où il n'y a pas d'effet, il n'y a pas non plus de cause ; ce sont concepts corrélatifs ; la causa efficiens et la causa materialis sont donc les deux parties de la causa intégra *.