d., II, X
3. « Actus oranis possibilis aliquando producetur. » Id. ibid., § 4. X Quem autem actum impossibile est non esse, ille actus neces-
sarius est ; itaque quicunque actus futurus est, necessario futurus est ; nam ut futurus non sit impossibile est ; propterea quod, ut modo demonstratum est, omnis actus possibilis aliquando producetur. Imo vero non minus necessaria proposito est Futurum est futurum quam homo est homo. » Id. ihid., § 5.
156 ÉTUDES d'histoire de l\ philosophie.
Quant à ceux qui croient à la contingence de certains futurs, ils se trompent ; le mot contingent désigne des faits nécessaires qu'on ne sait pas rapporter à leur causa intégra^ de même que le mot possible, opposé au mot nécessaire, désigne souvent des faits impossibles parce qu'on ignore l'enchaînement réel des causes et des effets. En vain certains logiciens prétendent-ils que, dans les propositions disjonctives touchant le futur, ni l'un ni l'autre des termes pris isolément ne sont vrais ou faux, la proposition totale étant seule nécessaire ; ce qui est vrai, c'est que l'indétermination n'existe que pour notre ignorance, et que l'un des termes est déjà déterminé « anteitione causarum^ ».
Il est bien évident dès à présent que la métaphysique de Hobbes ne laisse aucune place ni à la contingence dans le monde, ni à la liberté dans l'homme : partant, il n'y a pas non plus de {inalité ou de cause {inale, dans le sens où les métaphysiciens prennent ordinairement ces termes ; la cause finale n'a de place en tout cas que dans le domaine de la sensibilité et de la volonté, et sous cette forme elle n'est, en réalité, qu'une cause efficiente. Quant à la causa formalis ou essentialis, classée aussi à part quelquefois par les métaphysiciens, elle n'a de sens que dans l'ordre de la connaissance et comme cause efficiente de la connaissance : considérer en effet l'essence comme la cause d'un être, la rationalité par exemple comme la cause de l'homme, c'est dire que la rationalité est la cause de Yêire raisonnable, ce qui n'est qu'une vaine tautologie ; la cause
1. « Propositio itaque omnis de future contingente vel non contingente, qualis est haec, cras pluet, vel haec cra's sol orietur, necessario vera est, vel necessarlo falsa ; sed quoniam utrum vera an falsa ait nondum scimus, ideo vocamus eam contingentera; quum tamen veritas ejus non a nostra scientia, sed ab anteitione causarum dependeat ; sunt autem, qui etsi totam hanc, cras pluet vel non pluet, necessariam esse fateantur, neutram tamen seorsim, yelut, Cras pluet, vel, Cras non pluet veram esse volunt ; quoniam, inquiunt, nec haec, neo illa determinate vera est. Sed quid est hoc determinate vera, nisi cognite, id est, evidenter vera? Itaque eamden rem dlcunt, nimirum nondum sciri an sit vera necne, obscurius tamen, dum quibus verbis inscientiam suam tegere conantur, iisdem rei evidentiam simul opprimunt. » De Corpore, Ht X, § 5.
essentielle est donc de l'ordre de la connaissance, et pour parler correctement, il faut dire que la connaissance de Vessence est la cause de la connaissance de la chose ; si, en effet, j'aperçois qu'un être est raisonnable, j'en puis conclure que cet être est un homme. La cause formelle n'est donc au fond qu'une cause efficiente, et il n'y a en définitive que des causes efficientes et des causes matérielles *.
De même que la cause se réduit en dernière analyse à une synthèse des accidents des corps, ceux-ci n'étant à leur tour déterminables qu'en fonction de la position et du mouvement, c'est-à-dire géométriquement et mécaniquement ; de même la force n'est qu'une forme particulière du mouvement, un état spécial de certains mobiles : « Motus magnitude eo quo jam diximus modo computata, id ipsum est quod appellamus vulgo vim ^ » ; c'est un mouvement capable de produire des effets déterminés ; c'est une véritable puissance, qui tantôt passe à Vacte, quand les conditions de son déploiement sont réunies, tantôt n'y passe pas, quand quelques-unes de ces conditions ne sont point réalisées.
La force est à l'état de conatus et prend le nom de Conatus, quand le mouvement est évalué en un espace et en un instant plus petits que toute quantité donnée : « Conatum esse motum per spatium et tempus minus quàm quod datur, id est determinatur, sive expositione vel numéro assignatur, id est, per punctum. » Le conatus représente la force à l'état de tension, et marque le degré de tension de la force ; il est en raison de la vitesse.
Les mécaniciens appellent impetus la vitesse du mobile : « Impetum esse ipsam velocitatem, sed consideratam in punclo quolibet temporis in quo fit transitus. »
La résistance est l'opposition directe ou oblique des conatus de deux mobiles qui se rencontrent et se dirigent en sens inverse : « Resistentiam esse, in contactu duorum