LVI ARTHUR HANNEQUIN ET SON OEUVRE
entendre de quoi il était question, les amener enfin à se prononcer — à confirmer ou à infirmer Thypothèse.
Hannequin a ainsi résumé lui-môme les résultats les plus généraux de sa patiente et complexe recherche :
1® « On peut encore se demander de nos jours si Tatomisme est Thypothèse sur laquelle repose la physique tout entière, ou s'il n'en serait pas plutôt le résultat ; ...on ne peut plus douter qu'il ne soit l'expression la plus haute et comme l'âme de notre science de la nature, l'expression adéquate du mécanisme scientifique. »
2^ L'hypothèse des atomes n'est pas seulement commode et féconde ; « elle est une hypothèse nécessaire. Si la science humaine n'est, en définitive^ que la détermination par la pensée des objets donnés dans l'Espace et dans le Temps, et si la détermination scientifique des choses n'est, comme nous le croyons, que la mesure de leurs rapports dans retenu due et dans le mouvement, si le nombre, enfin, est le seul instrument qui nous permette d'accomplir cette détermination et cette mesure, alors l'atomisme s'impose avec la môme nécessité que l'explication mathématique de l'univers ; et ses racines vont se confondre avec celles de la science et de la connaissance humaines. »>
3® Pourtant « l'hypothèse des atomes enveloppe des contradictions » que le progrès de notre science et de notre critique fait éclater chaque jour plus nombreuses, et qui proviennent toutes de cette conception étrange d'un atome à la fois homogène et hétérogène, indivisible et divisible, dur et élastique, en nombre infini et en nombre fini. Elles accusent les unes et les autres une contradiction originelle et radicale, celle-là môme qu'on a introduite au cœur de l'algèbre et du calcul de l'infini, de la géométrie et par suite de la mécanique, « géométrie et mouvement », et qu'on n'a pas pu ne pas y introduire, puisqu'elle est génératrice de la mathématique et, par la mathématique, de toute la science : la mesure du continu par le discontinu^ de VesjHice par le nombre ; contradiction qu'on répète et qu'on redouble « chaque fois que l'hypothèse mécaniste doit franchir un nouveau degré, aller des faits physiques aux propriétés chimiques, de ces dernières aux fonctions biologiques, et de celles-ci enfin, comme elle tente parfois d'y réussir, aux phénomènes du sentiment et de la conscience ».
4** Maïs de quelque contradiction qu'elle soit irrémédiable- • ment frappée, et avec elle toute la connaissance scientifique, ï'îïypothèse des atomes ne laisse pas cependant de réussir ;