PREFACE. VII
à la même date, une grande influence par ses livres et sa revue, Renouvier. Une fois agrégé. Mannequin brûle les étapes, Bar-le-Duc, Amiens. En 1885, il est nommé chargé de cours à la Faculté des lettres de Lyon. Au même moment, Hamelin était nommé à Bordeaux. L'administration continuait d'avoir la main heureuse.
Ce furent les belles années d' Mannequin. En peu de temps sa réputation est (aite. Sa valeur d'homme et de penseur s'impose. Les amitiés se nouent. Les étudiants, prompts à iuger un maître, forment autour de lui une clientèle toute vibrante d'admiration et de sympathie. Car lamais, envers lui, ces deux sentiments ne nuisirent l'un à Vautre. Sa voix, d'une belle sonorité, remplissait le grand amphithéâtre de la Faculté des lettres et les couloirs voisins. Jamais corps d'apparence plus robuste ne servit de support à la vigueur de l'esprit. Tout en lui était force saine, expansive, rayonnante. Dans ses cours il n'abordait que les plus grands sufets et les plus difficiles, de même qu'il étudia toufours de préférence les plus grands auteurs, de même qu'à son piano il n'aimait louer que les maîtres. Il allait d'instinct vers les sommets. Mais toute trace d'effort disparaissait dans l'élan de la démonstration et l'harmonie du langage. Il n'y avait d'effort que pour celui qui écoutait, et encore était-il rendu plus facile par le don d'entraînement que possédait le professeur. L'avenir souriait ; toutes les ambitions étaient permises à noire ami, quoique reléguées par lui au second plan de ses préoccupations. Ce {ut aussi pour lui le temps des longs espoirs intellectuels et des entreprises qui, toutes, ne devaient pas être menées à terme. Il commença un cours de psychologie qui en resta à l'introduction, mais une introduction forte et lumineuse que tous les bons élèves de nos lycées continuent de lire. Tout en publiant, il sait ne pas trop publier ; il travaille, il amasse.
Entre tous ces travaux, ceux que déterminait l'enseignement qui lui avait été attribué, la philosophie des sciences, l'absorbent et le passionnent. Il complète seul son instruction scientifique qui n'avait pas auparavant dépassé les limites du baccalauréat es sciences II disait gaiement qu'il faisait ses spéciales. Il se met à même de