ARTHUR HANNEQUIN ET SON OEUVRE. LIX
lions, les vitesses, les chocs ; si la masse est inséparable de la conception du mouvement, et si Tatome au fond, c'est la masse, mais invisible, infinitésimale, divisée en autant de parties que cela est requis pour l'explication des phénomènes donnés ; si en fait tous les mécanismes connus ont admis une sorte de matière discontinue, moléculaire, grenue, et sont devenus des variétés d'atomismes.
c) Et encore, que Vatomisme critique^ c'est-à-dire tout autre chose que Vatomisme dogmatique, est sans doute une analyse et une méthode beaucoup plus qu'il n'est une science et une doctrine de Fêtre ; mais que celte méthode et cette analyse sont liées au fonctionnement de l'esprit, à l'organisation et au développement de la pensée scientifique par cela seul que le nombre est nécessaire podr que nous prenions du continu de l'étendu, simple intuition tout d'abord, une connaissance déterminée, — et que l'individualité idéale de l'infiniment petit géométrique introduite par le nombre ne peut pas, une fois la géométrie transportée dans la réalité, ne pas se réaliser à son tour sous les diversetii dénominations de différentielles, de molécules ou d'atome**.
Les réflexions qu'impose le concept de l'atome, à la fois nécessaire et contradictoire^ avaient insensiblement conduit Hanncquin à esquisser une double théorie de la connaissance et de Yexistence, germe de toute une métaphysique, et dont la valeur resterait d'ailleurs indépendante du problème très spécial de l'histoire des sciences qui l'a provoquée.
1. Hannequin ayait yu Juste; physiciens et philosophes reviennent ouvertement témoigner en faveur de l'atomisme. M. Becquerel convenait hier (Séance publique annuelle des cinq Académies» 1907) que « depuis plus de deux mille ans. chaque fois que l'homme, soit par l'effort de sa seule pensée, soit par les artifices de ses expériences, tente de sonder le mystère des corps, toujours au fond de toutes choses, il entrevoit la même image (l'atome) » ; et un Jeune philo> sophe, qui vient de faire une pénétrante enquête à travers Iqs théories physiques, a pu conclure que « de l'énergétique et du mécanisme, c'est, malgré ses hypothèses et ses anticipations sur les perceptions virtuelles, le mécanisme qui reste le plus constamment et le plus étroitement fidèle à l'expérience ». (Rey, Revue phUosophique, novembre 1907, p. 514.)