‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 3)Chapitre 60 sur 229 · LXVIII ARTHUR HANNEQUIN ET SON OEUVRE · texte numérisé non relu

LXVIII ARTHUR HANNEQUIN ET SON OEUVRE

prêter aux catégories de notre entendement. Nous savons ainsi tout de suite qu^elles sont d'abord une coexistence d'éléments multiples, infiniment variés et divers : la divisibilité et la continuité de l'Espace postule cela rigoureusement ; qu'elles sont aussi en devenir et en transformation incessants : la divisibilité et la continuité du Temps suffit en effet à établir l'universalité de la loi du changement.

Mais qu'est-ce qui empêcherait de voir dans ce devenir les modalités d'une substance unique, et de conclure à une sorte de monisme panthéiste ou naturaliste ? Ce sont les choses en soi qui empêchent cela, qui proclament elles-mêmes qu'elles sont des individualités^ des unités métaphysiques, des monades, — et par cela seul qu'elles changent. Hannequin avait analj'Sé de très près l'idée de changement, et ce qu'elle implique. Le monisme n'explique pas quHl puisse y avoir du changement ; le monadisme, au contraire, V explique : toute son argumentation est là. C'est qu'en effet une théorie, mais une seule théorie permet de rendre raison du changement, en différenciant la cause de Veffet : la théorie de Vaction réciproque. Soit a cauâe de fr : la cfafise iL'a de sens que pour qui admet en retour la causalité de h sur a : « Supposons que la nature de b soit précisément telle que a, par ce seul fait de la présence de b, en reçoive une détermination qu'il ne posséderait point, et qui, en conséquence, la transforme en a 1. Mais de là même il suit, si l'influence de b dérive tout à la fois de la nature de b et de celle de a, donc d'une relation où ils entrent ensemble en vertu même de leur définition, que le fait pour a d'être affecté par b a pour contre-partie cet autre fait que b est affecté par a, et qu'il devient b i sous l'action de a, comme a devient a i, sous l'action de b, » — Oui, mais cela implique qu'entre a et b, entre l'état cause et l'état effet, il y ait des limites qualitatives, telles que les deux états ne puissent pas se confondre en un seul, qu'a et b, par conséquent, constituent des individualités; que le monde soit à chaque instant « comme la réunion d'un nombre infini d'états individuels, tels, par exemple, toutes proportions gardées, qu'est à l'heure présente l'état de toute conscience, où il faut bien, en somme, que s'exprime actuellement tout l'être de son être, quel que soit son passé et quel que puisse être tout à l'heure son avenir ».

Voici, il est vrai, une autre grosse difficulté : des individualités qui changent, qui surtout sont changées, n'est-ce pas contradiction même ? LHndividu, n'est-ce pas l'être organisé de telle manière qu'il ne puisse rien perdre de ce

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