‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 3)Chapitre 66 sur 229 · EXXIV ARTHUR HANNEQUIN ET SON ŒUVRE · texte numérisé non relu

EXXIV ARTHUR HANNEQUIN ET SON ŒUVRE

organisées et même la synthèse de plusieurs d'entre elles ; et là où on n'a pas encore réussi, dans le cas des ferments solubles par exemple, il est probable que le succès n'est plus qu'une affeùre de temps, de méthode et aussi de chance.

Soit. Mais ces phénomènes, cependant, ne laissent pas d'offrir des suites, des liaisons, des coordinations extraordinaires. Ils ne se produisent pas dans le vivant comme dans le laboratoire du savant. Il y a dans les réactions comme un pouvoir de choix, des temps d'arrêt étranges, des dispositifs d'économie et de prévoyance qui confondent nos plus habiles constructeurs. C'est Vidée directrice de C. Bernard. Les choses se passent comme si elles n'étaient pas abandonnées à elles-mêmes. A première vue, les deux lois de l'Energétique qui régissent la matière brute paraissent régir aussi la matière vivante. L'organisme ni ne crée ni fie détruit d'énergie ; et, par ailleurs, l'énergie biologique est soumise à la loi de dégradation. Mais de près ce n'est pas du tout cela. Le permanent de la matière vivante n'est pas le permanent de la matière brute. Ce n'est pas un permanent de grandeur et de quantité, poids ou masse : ce permanent qu'il devrait avoir, le vivant justement ne l'a pas. C'est un permanent de qualité qu'il a, d'dudCa : il est une individualité, non une substantialité. Même déformation et transformation dans la loi de Carnot. Le vivant, s'il dépense bien son énergie comme le non-vivant, jouit seul d'une étrange faculté, celle de restaurer l'énergie perdue, de la restaurer lui-même indéfiniment, pour mnsi dire, et dans des conditions d'économie et de travail qui en font une machine infiniment supérieure aux meilleures machines. C'est une lampe, a-t-on dit, où la dépense règle automatiquement la montée de l'huile, mais c'est une lampe qui réussit à se procurer ellemême l'huile dont elle a besoin : potentialité extraordinaire, déconcertante, qui se relève toujours et réussit à se maintenir au môme niveau.

Aussi longtemps que de la nutrition et de la génération en particulier, les biologistes n'auront pas trouvé l'explication physico-chimique adéquate, souvent promise et encore attendue, la question au moins restera ouverte; et le métaphysicien ne fera que traduire exactement lés faits observés, en disant que le vivant est un organisme, une finalité, un tout qui, en tant qu'il se subordonne ses parties, doit donc, d'une manière ou de l'autre, leur préexister. Mais loin de pouvoir expliquer la vie, le monisme rnécaniste n^arrive'pas même à expliquer la matière. Le vivant est finalité, unité

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