‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie (volume 3)Chapitre 76 sur 229 · LXXXIV ARTHUR IIANNEQUIN ET SON ŒUVRE · texte numérisé non relu

LXXXIV ARTHUR IIANNEQUIN ET SON ŒUVRE

elle en a légitimé et fondé à tout jamais l'inspiration mal* tresse. Et c'est un service, cela, dont les. intéressés pourraient facilement être plus reconnaissants. « Comment, disait Hannequin, les théologiens ne se rendent-ils point compte que toute philosophie qui fonde le sentiment religieux non pas seulement sur des événements historiques, si imposante qu*eo soit la suite à travers les temps, ni sur les systèmes ruineux de métaphysiques abolies, mais sur une Raison qui lui confère une autonomie et par là même une valeur intangible, est une alliée et non point une ennemie ? Et comment est-il possible qu'on n'entende le plus souvent éclater, dès que le nom de Kant est prononcé devant eux, que leurs malédictions ? »>

D'autre part, nous n'avons pas le droit d'oublier cet enseignement également certain que la surnature ne saurait pourtant, en aucun cas, devenir objet de connaissance. Les catégories n'ont <( judicature », pour ainsi dire, que sur les phénomènes. Le reste est affaire de croyance. Une étude pro* longée de l'idée de Dieu chez les Cartésiens avait de bonne heure appris à Hannequin qu'il n'y a jamais eu au vrai qu'une seule tentative sérieuse de démonstration de Vexistence d^ Dieu ; et que de cette démonstration aux formes multiples, et aux appellations différentes, l'argument ontologique est tout le nerf. Argument que saint Thomas n'a pas seulement eu le tort de condamner un peu sommairement, en condamnant le raisonnement de saint Anselme qui sûrement a dit et voulu dire tout autre chose que la puérilité logique qu'on lui prête ; mais qu'il a eu le tort plus grave de ne pas savoir reconnaître dans la preuve par la causalité et la contin» gence^ dans la nécessité invoquée de remonter, de chaînon tn chaînon, à un premier terme plena ratio de soi et de tout le reste.

A Descartes mieux inspiré, — inspiré par les mathématiques, — il n'avait pas échappé que l'âme de l'argument tHitologique, c'est bien l'idée de l'Infini et du Parfait ; et que, "de Vessence à Vexistence, le passage n'est pas d'ordre analytique, mais d'ordre synthétique. L'existence n'est pas un prédicat, une perfection ; elle n'ajoute rien, elle est une simple position. " La raison d'être d'un possible est tout entière en lui et ne peut être qu'en lui... C'est dire qu'il tend à être par ce qu'il y a en lui de perfection positive, relativement seutement, quand elle est relative, absolument et sans restriction, quand elle est absolue. » La nécessité de l'Être infini apparaît « comme celle d'un être qui, ayant en lui-môme toutes les raisons d'être, sans une seule hors de lui ni en lui de ne

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