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I. p. Desjardins. Catholicisme et Crilique, p

ARTHUR HANNEQUIiN ET SON ŒUVRE. XCVII

qui s'éteint... Non, la religion n'a pas pour mission de mettre la main sur le pouvoir, ni même sur les âmes, mais do s'offrir à elles, de les garder et de les orienter, de ne leur faire nulle violence, de ne leur voiler ou refuser nulle lumière ; et le jour où l'autorité catholique ne poursuivrait plus d'autres fins, toutes nos querelles seraient près de leurs termes... Je crois que l'avenir est pour le christianisme dans l'exaltation de ce qu'il contient de purement religieux. Je crois que vous êtes dans la voie de la vérité et ■de la vie. Un jour viendra où on vous remerciera si on ne veut pas ensevelir à jamais la pensée chrétienne chez les catholiques. ))

Il avait appris de l'un des maîtres de sa vie spirituelle, le doux et serein Spinoza, à comprendre la vie, à l'aimer •en elle-même, telle qu'elle est, pour ce qu'elle nous donne et pour ce qu'elle nous refuse, à n'y pas voir qu'une préparation mystique et apeurée aux au-delà de la mort, Homo liber wortis metu non ducitur... ejus sapientia vitœ est meditatio i. Si la tristesse est Fétat naturel du chrétien, comme le proclame le christianisme austère de Bossuet, c'est la joie paisible, confiante et consciente, qui doit être l'état naturel du philosophe, de celui qui ex solo Rationis dictamine vivit. De cette vie, Hannequin attendait sans impatience ce qu'une volonté forte peut en obtenir quand les circonstances ne trahissent pas trop son effort II ne lui demandait d'ailleurs que des plaisirs simples, sains, et à la portée de toutes les existences, rébus uti, et iis delectari, viri sapientis.

Quelques-unes de ses meilleurs heures, dont le ressouvenir mettait jusqu'à la fin un bon sourire à sa figure pâhe et torturée par le mal, étaient celles qu'il avait données à la pêche et à la chasse, dès le matin, le long de la petite rivière de chez lui, la Saulx, dans les grandes herbes mouillées, et tout le jour, à travers champs et bois, menant pendant ses vacances de Pargny (( une vie de sauvage ». A la poésie des livres et des mots, il préférait la poésie des paysages, un coin des Vosges, du Jura ou des Alpes, un nid d'été pour quelques semaines dans les monts de la Loire ou du Charolais, le

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