Gerh., Phil, I
198 ÉTUDES d'histoire de r.A PHILOSOPHIE.
le lémoignage et comme la manifeslalion de l'existence de Dieu ; mais sans se perdre en elle ou se confondre avec elle, Dieu en est plus que la cause, il en est le fondement : il est, dans toute la force du terme, l'harmonie universelle ; ci, monarque coninuin i à des corps, dont le mouvement se continue par lui, et des esprits qui se déterminent en lui Osée 2, il règne sur les uns, éternel géomètre, par les lois 0 q[ qui ne pensent qu'autant qu'ils participent de sa peutempérées de la géométrie, et il règne sur les auli'es, éternel législateur, par des lois, en quelque sorte « civiles », de sagesse, de bonté et de spontanéité (ou de liberté) dont les effets se manifestent, à travers les esprits, qui en sont le soutien, jusque dans l'autre règne des corps et du mou- \ cmcnt.
A ce système, que manque-t-il pour qu'on ait le droit d'y voir le germe déjà vivant, mais encore enveloppé, ou comme l'ébauche informe du svstème futur, de l'harmonie préétablie et de la monadologie ? Répondons : une étude plus'approfondie des rapports de Dieu et des ûmes individuelles, qui préserve la toute-puissance et l'omniscience du premier, rindi\ idualité et la personnalité des secondes ; une docTrine plus complète de la nature de l'âme, où il faut remarquer cependant qu'il voit déjà pensée et volonté, harmonie d'un multiple et tendance à agir ; enfin, pour effacer les dernières discordances des corps et des esprits, une notion plus correcte des lois du momement, et pour en rendre irréductible la réelle distinction, une reconnaissance décisive de l'idéalité de l'espace, qu'il entrevoit déjà, quoique confusément. Mais si dans ces difficultés partielles, que Descartes eût appelées les conditions du problème, nous n'avons garde de soutenir que, dès VHypothesis, Leibnilz l'ait traité d'une façon complète, du jnoins croyons-nous fermement qu'il l'avait posé, et même qu'il en entrevoyait et en anticipait dès lors la solution.