ÉTUDES d'uisxoiue ut: la l'iiiLOsoi'iiii
quantité de force vive et de la quanlTté de progrès, cl de dispenser Dieu, dans la mesure même où ces principes assurent mathématiquement la conservation du inouvemenl, de la nécessité servile de retoucher son ouvrage.
Mais si ces principes sont rigoureusement malhématiqucs, en rc\anche l'occasion ne \a-l-elle point nous manquer de réclamer le concours ordinaire de Dieu dans l'économie du monde et d'évoquer au-dessus des principes géométriques certains principes métaphysiques et en quelque sorte civils, quand elle n'était venue, au temps de Vllijpoihesis, que de la disproportion des lois du mouvement abstrait et des lois du mouvement concret ? Si la disproportion n'existe plus, qu'avons-nous donc besoin de l'économie du monde ? et si les principes mathématiques suffisent, quelle raison d'invoquer des principes métaphysiques ? A vrai dire et dans le fond, il n'y en a aucune ; et rœu\re grandiose du dynamisme leibnitien reposerait sur l'illusion symbolique d'un mot, à savoir le mot « force » par lequel il désigne une formule ^ où il n'entre que des quantités, si le charme de VlhjpoUiesis n'oi>érail encore, même au temps de l'âge mûr, tant restèrent décisives sur sa propre pensée ces premiers et spontanés essais de son génie ! Leibnitz ne s'est jamais, en effet, complètement détaché, et il l'a dit lui-même à plusieurs reprises, de cette conviction, que les lois de la Theoria motus absfracU seraient le vrai, et que cet « esscnj d'un jeune homme » serait un monument définitif, s'il n'y a^ait dans le monde que du géométrique. Et de même en disait-il du principe cartésien, qui, par la valeur exagérée et en quelque sorte absolue attribuée à la \itesse dans la formule mv, allait aux mêmes conséquences que des lois du mouvement abstrait. C'est à savoir que toute puissance dépendrait dans la nature uniquement de la vitesse, et non point de la masse, originairement du moins, que le plein y serait dès lors absolument perforable, ou, ce qui revient au même.