‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie; avec une préf. de R. Thamin, et une introd. de J. GrosjeanChapitre 145 sur 170 · Gurh., I, p · texte numérisé non relu

Gurh., I, p

d'un réel, d'où est exclu le l'epos qui n'est rien, à un autre réel.

Mais là ne se borne point le résultai de l'analyse : il est beaucoup plus riche, et nous livre bien plus qu'une simple distinction, en nous livrant en outre toutes les relations du corps et de l'esprit. Le conatus, en effet, offre ce carac tère de porter en lui-même, quoiqu'il soit hors de la durée et hors de l'étendue, toutes les déterminations du mouvement fini ; ce qu'est le raou\"ement dans le temps, il l'est donc dans l'instant ; et même il vaut mieux dire, comme il n'y a rien dans le temps qui n'ait été d'abord dans l'instant, que le mouvement n'est dans le temps que ce qu'il est dans l'instant. De là à dire que le conatus ou l'esprit est tout ce qu'est dans le temps le mouvement ou le corps, et qu'il l'est avant le corps, et qu'il l'est plus que lui, en sorte que le corps procède de l'esprit, quoiqu'il s'en distingue, il n'y avait qu'un pas : et ce pas est franchi, quand Leibnitz, prenant le corps dans ce premier instant où il procède du conatus, proclame sans hésiter : « Omne enim corpus est mens momentanea i. »

Cependant si le conatus échappe à toute extension, estil vrai qu'il échappe aussi à toute durée ? A prendre à la rigueur sa définition, il n'y a, à vrai dire, aucun doute sur ce point ; et Leibnitz dit lui-même : « Nullus conatus sine motu durât ultra momenluin 2. » Or, à le dépouiller ainsi de toute durée, il n'y aurait point d'esprit, mais il n'y aurait pas non plus de mouvement. Le mouvement, en effet, n'est qu'une somme, disons, qu'une intégrale de conatus multiples, comme le temps de durées, et l'espace d'étendues infiniment petites : pour qu'il y ait mouvement, espace ou temps finis, il faut donc qu'il y ait répétition de conatus, de points (au sens de Leibnitz), et d'instants. D'une telle répétition, le géomètre ne cherche point la cause, parce qu'il part toujours d'un fini pour reporter

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