Ibid., s; 36. p
3. Ibid., §§ 40 et 52. Par masses Leilinitz semble avoir enlondii la matière indéterminée (principia componentia indeterminnta § 52) et par conséquent fluide ou liquide (solida = huilas, liquida = massas, !; 46), des quatre éléments (« Igifur sunt quatuor massue giandiores, seu clemenla ». § 52 ; et plus haut : « massarum motus motui universali terrae, aquae, aëris, actheris confonuis est ; neque cnim alterius cujusdam massae grandis statuendao
128 ÉTUDES d'histoire de la philosophie.
tière contenue dans les bulles organisées, lesquelles sont comme des vases et comme des contenants à l'égard de cette matière (contenta, scu conlentilia), on conçoit que les bulles soient elles-mêmes en équilibre dans un certain lieu quand la masse qu'elles contiennent répond par son mouvement et par sa densité, au mouvement et à la densité qui conviennent à ce lieu ; on les appelle alors ordinaires ou naturelles : « Ordinariae et naturales sunt, in quibus tantum Massaruiu aliaruin, terrae, aquae, aëris, tanlum item actheris, quantum locus fert, in quo bulla sila est. » Mais il peut arriver qu'elles se trouvent transportées « molu massarum universalium » en un lieu pour lequel cet équilibre cesse ; et alors se produit une tendance à la rupture qui développe en elles certains mouvements extraordinaires « ruptura exserendos », « prorsus ut vasa aëre exhausta aut distenla hue illuc circumgestata, quandocunque aperta, aut exonerantur aethere et sorbent aërem, aut exonerantur aëre et sorbent aetherem » ; elles deviennent alors extraordinaires ou violentes ^. La réac-
necessitatem reperio », § 47;, par opposition aux bulles dans la composition desquelles entrent les éléments en proportions variables, et qui ont toujours un degré défini de fermeté et de solidité ibuilas = solidaj, § 46). Et c'est pourquoi il considère les masses tantôt comme des principes indépendants et indéterminés de la composition des choses (« principia componenlia indeterminata », § 52), tantôt comme le contenu des bulles (« contenta », quand elles y sont emprisonnées en fait, « contentilia, quand elles sont seulement considérées comme susceptibles d"y entrer). — On se ti'omperait d'ailleurs si l'on considérait comme absolue l'indétermination des masses, alors que toute matière et que Télher lui-même est constitué par des bulles à l'infini, quoique plus petites (« neque enim negarim quaedam extra bullas volitare, etsi forte et ipsa rursum constantia minoribus bullis », § 46 ; et plus loin : « Is tamen aether non putandus est omnino liber esse et dissolutus, cum vix quicquam taie sit in rébus, et in minimis atomis innumerabiliuni specierum varietas lateat ; plerumque igitur erit et ipse collectus in bullas suas jam liquida, jam sicca forma relatas... » etc., § 60, p. 217). Mais par rapport à une organisation et à une cohésion d'un degré plus élevé, on peiît les considérer comme indéterminées. Les bulles sont donc ordinaires ou naturelles quand le mouvement de leur contenu ou de leur masse est conforme au mouvement universel de la terre, de l'eau, de l'air et de l'éther, ou plus exactement du lieu où elles se trouvent momentanément ; elles sont extraordinaires ou violentes dans le cas contraire. 1. Ibid., S 47-48, p. 203.
lion chimique n'est donc rien autre chose qu'une forme particulière de l'élasticité, laquelle dérive elle-même en chaque bulle des proportions infiniment variables d'air, d'eau, de terre, d'éther qu'elle contient, et laquelle se développe ou reste enveloppée, selon que la bulle rencontre autour d'elle des conditions de rupture ou des conditions d'équilibre i.
On comprend ainsi l'importance du mélange (mixtura) et de la trituration dans le mortier qui rapproche les unes des autres les bulles hétérogènes et prépare leurs réactions mutuelles : « Nam cum antea unumquodque corpus suis limitibus continebatur, quibus diutino motu liquidum ambiens assue\"erat, nihil nisi aequivalens elabebatur vel illabebatur ; itaque ubi crassa erant corpora, alia crassa succedebant, et subtilibus subtilia ; nunc postquam mixtura hos motus liquidorum turbavit, rupta sunt vincula (quae ut dixi non alia erant, quam hi ipsi motus) et materia per utrumque corpus diffunditur virtute conatus ad uniformitatem ; unde omnibus discussis et disjectis tumultus, qui denique desinit in quietem, id est motum" conspiranlcm et qualemcunque uniformitatem : qualemcunque, inquam, non omnimodam ; hanc enim prœcipitata in novum corpus coitio prœvenire solet. Unde fît, ut nova semper reactionum materia supersit, neque unquam Elementaria quaedam corpora plane pura habituri simus 2. »
On comprend enfin que l'origine de toutes les réactions chimiques soit en général, conformément aux doctrines très justes, quoique trop énigmatiques, des anciens chimistes 3, l'opposition « exhausti et distenti, seu, ut cum Democrito loquar, vacui et pleni ; atque haec est unica origo omnis fermentationis, omnis deflagrationis, omnis displosionis, omnis pugnae inter ignem et aquam, acidum ot alcali, sulphur et nitrum * ». Il ne resterait donc pour
J. S>i ■iV-ZiS, p. 203. Cf. à Fabri, prop. 19. ?0. 21. Gerh., Phil., IV, p. 255-256.