‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 136 sur 319 · Cousin, I, p · texte numérisé non relu

Cousin, I, p

LA. PREUVE ONTOLOGIQUE C.\RTÉSIENNE

est manifeste que la nature de Dieu, de la iaçon que /e Vai décrite, est possible, parce que je n'ai rien supposé en elle sinon ce que nous concevons clairement et distmctement lui devoir appartenir, et ainsi je n'ai rien supposé qm répugne à la pensée ou au concept humain i ». Est-ce a dire que Descartes se flatle le moins du monde d'avoir justifié la « distinction » de l'idée par l'analyse complète et l'examen précis de tous ses éléments ? Non, et il affirme au contraire une fois de plus l'impossibilité d'achever ou même de tenter une telle opération : « Afin que nous puissions assurer que nous connaissons assez la nature de Dieu pour savoir qu'il n'y a point de répugnance qu'elle existe, il suffit que nous entendions clairement et distinctement toutes les choses que nous apercevons être en elle, quoique ces choses ne soient qu'en petit nombre au regard de celles que nous n'apercevons pas, bien qu'elles soient aussi en elle 2. » Mais dans ce que nous n'apercevons pas, comment savons-nous donc que rien ne « se contrarie » ? L'induisons-nous de ce que, des choses que nous apercevons dans la nature divine, toutes sont tellement « connexes » entre elles que la contradiction consisterait justement à refuser à Dieu l'une quelconque de ces choses? Mais comment justifier une telle induction ? En Dieu il n'y a pas des choses que j'ignore, mais dont je puis préjuger par d'autres que je sais, puisqu'il n'y en a pas une que je sache pleinement. Cependant ce que je sais de ce qui est en lui me permet d'affirmer qu'en lui rien ne répugne ni ne « se contrarie », et c'est précisément qu'il est la réunion, la source et le fondement de tout le positif, ou, ce qui revient au même, que tout y est « connexe », sans que pour l'affirmer j'aie besoin d'achever ou même de commencer une analyse inachevable. En d'autres termes, l'idée que j'ai de Dieu, si riche qu'en soit le contenu, n'est nullement adéquate à la nature de Dieu ; et tout revient toujours à dire que ce que j'en sais, c'est qu'il est infini, et que, s'il

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