Cousin, I, p
LA PREUVE ONTOLOGIQLE CARTÉSIENNE
.lire si l'essence de Dieu est pour elle-même et pour toutes sautres ce fondement absolu, ou, en ^^^^^ cède d'emblée l'existence nécessaire : el c est précisémcm ce ou on ne peut demander qu'à l'argument ontolog.qu C'erdonc par la vertu cachée de cdui-cj et non par 1 simple recherche d'une cause suffisante ''« '^^ ^^^ "^^^^^^^ qui ne nous donne que l'essence, que, dans l essence Dieu, nous trouvons l'existence. ,.e:„n„p.
Si étroitement liées que soient les preuves c-tés ennc l'une, la première, qui fournit à la preuve ontologique a bL sans laquelle elle ne serait ^u- sophisme. J seconde, qui seule est en élal de conduire jusquau terme Tl iel, c'est-à-dire jusqu'à l'être, on n'a Pjs le r t de dire qu'une seulement suffisait ; et il en fallait deux ou dû moins le progrés qui nous conduit à D- compon» deux moments, dont aucun ne saurait se confondre avec
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D'où vient donc que Leibnitz se croyait en étal de se passer du second? Uniquement de ce qu'il ne laperceva. Dlus bien qu'il y fût compris, dans la notion de lEtrc plus, Dien q J . g jé it de l'apparence,
nécessaire ou de 1 Etre par soi. c» f r
ridentilé en effet n'existe pas plus entre 1 Etre par soi et Dieu, qui n'est pour nous que l'Être tout parfait, quent c l'Être parfait et l'Etre nécessaire. El si Descartes avait e devoir, embarrassant au dire de Leibnitz, d établir la seconde, Leibnitz avait en revanche celui d'établir la pre-
A l'Etre nécessaire, on est contraint en effet d'arriver, selon la remarque protonde de Kanl, dès qu'on pose 1 existence d'un seul être contingent ; car si le contingent existe comment existerait-il si toutes ses conditions n étaient réalisées ? Or pour qu'elles le soient «oufes, .1 faut ou que l'une d'entre elles, la première, par exemple, dans la série des causes, ou que toutes prises ensemble, c est-àdire leur série totale, soient inconditionnelles. El l Inconditionnel, c'est l'Être nécessaire. Mais l'être nécessaire, ainsi compris, est-ce l'cMre que j'appelle Dieu ? Quelques-
ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.
uns se contentent de l'appeler matière, et peut-être seraient-ils dans le vrai, si je n'étais forcé de chercher la raison de l'Être nécessaire ; or il n'y en a qu'une : l'Être par soi n'existe qu'autant qu'il ait la force d'exister par soi (d'être causa sui) ; et de cette force, enfin, seule la richesse infinie de sa nature, ou son absolue perfection, peut me rendre raison.
En dernière analyse, c'est donc la perfection, et la perfection seule, qui peut donner à l'Être nécessaire la force d'exister par soi ; et si je parviens ainsi à prouver qu'il est Dieu, c'est par une sorte d'inversion de la preuve ontologique, mais c'est aussi par ce qu'il y a de plus net et de plus caractéristique en elle. Eckhard l'avait bien vu, qui, lorsque Leibnitz énonçait cette mineure : Deus est ens de cuius essentia est existentia, objectait qu'elle suppose la perfection de Dieu i ; et si on eût demandé à Leibnitz do prouver la non-contradiction ou la possibilité de cet Etre par soi, on eût bien vu aussi qu'à la nature de ce dernier, il eût substitué celle de l'Être « qui enferme toutes les formes simples absolument prises », c'est à-dire de l'Etre infiniment parfait. Ce n'était donc pas assez de prouver la possibilité de Dieu; il fallait en outre établir la liaison indissoluble, dans sa nature, de l'existence et de la perfection.
Cependant si nous venons de reprocher à Leibnitz d'avoir cm, ou d'avoir paru croire, quand il corrigeait le syllogisme cartésien, à l'identité de l'Être nécessaire et de l'Être parfait, l'identité de ces termes n'existe pas davantage, cela est évident, quand on les change de place ou qu'on les convertit. Et cette remarque suffit, semble-t-iL pour atteindre en plein cœur l'argument de Descartes. Car, comment raisonne-t-il ? L'Être parfait, dont j'ai on moi uno idée véritable, est l'Être qui possède, par définition, toutes les perfections ; or l'existence est une perfection ; donc il suit de sa nature qu'il possède l'existence. Il n'y a pas à le