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n'avoir point celle-là? La vérité est que, entre la perfection d'une part et l'existence de l'autre, Descartes met non pas un rapport de contenance, mais un lien autrement étroit de convenance et de raison ; pour lui, comme pour Leibnitz, toute essence exige l'être, est une puissance d'être • et ce qui mesure l'essence, mesure aussi la puissance : de là vient que je ne puis à une essence quelconque, si elle est limitée, comme est celle du triangle, attribuer d'existence qu'une existence possible, c'est-à-dire limitée, en un sens, elle aussi. Mais à l'essence de l'être souverainement parfait, à l'essence infinie qui enveloppe la puissance infinie d'exister, comment serait-il possible de refuser l'existence? Dieu est, dit Descartes à Arnauld, par « l'immensité de sa puissance », qui se confond « avec l'immensité de son essence » K Et à Catérus : « Parce que nous ne pouvons penser que son existence est possible qu'en même temps, prenant garde à sa puissante infinie, nous ne connaissions qu'il peut exister par sa propre force, nous conclurons que réellement il existe, et qu'il a été de toute éternité ; car il est très manifeste, par la lumière naturelle, que ce qui peut exister par sa propre force existe toujours 2. » Dieu est donc cause de soi, non point négativement 3, comme si l'on niait seulement (lu'il fût par autre chose, mais parce qu'étant par soi, il est par la plus expresse et la plus positive des causes, savoir « par une surabondance de sa propre puissance* », ou par son infinie et souveraine perfection.
C'est jusqu'à ces paroles, si nous ne nous trompons, qu'il faut faire remonter la doctrine de Leibnitz relative aux possibles, comme ce scholie où Spinoza ne faisait que reprendre !a pensée de son maître : « Puisque c'est une puissance de pouvoir exister, il s'ensuit qu'à mesure qu'une réalité plus grande convient à la nature d'une chose, elle