Guilhelmi Pacidii plus ultra. Gerh., P/iii., VII, p
ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.
LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ
tout Tespoir de la science nouvelle, soit dans l'observation de la nature ou l'expérimentation, soit dans les spéculations mathématiques, soit dans cette double méthode d'investigation ; et qui, d'autre part, ne voyant dans le monde que des corps et dans les corps que grandeur, figure et mouvement, s'accordaient tous à dire, avec Galilée, que tout dans la nature se fait mécaniquement.
Que cette influence des modernes sur la pensée de Leibnilz se soit exercée au moment môme où il quittait l'école pour entrer à l'Université de Leipzig, où il ne serait point étrange qu'il eût pour la première fois mis la main sur leurs ouvrages, cela ressort de son propre témoignage : « Par après, m'élanl émancipé des écoles triviales, je tombai sur les modernes. » El ailleurs, dans une lettre à Burnett : « Je n'avais pas encore 15 ans, quand je me promenois des journées entières dans un bois pour prendre parti entre Aristote et Démocrite * », ce qui démontre mieux encore qu'avant l'accomplissement de sa quinzième année et dès les premiers mois de son séjour à l'Université (il est né le 21 iuin 104G, et est entré à l'Université à Pâques de l'année 1661) il a lu quelques-uns des livres dont il parle, et en a été remué au point d'abandonner Aristote et les formes substantielles. Le doit-il à une simple lecture, ou à l'enseignement d'un maître tel que Thomasius, versé, selon son propre témoignage, aussi bien dans la connaissance des modernes que dans celle des anciens, cela est difficile à décider, quoique la première hypothèse soit la plus vraisemblable», s'il est vrai qu'il n'ait entendu Thomasius que l'année suivante 3.
Quoi qu'il en soit, il n'est pas douteux qu'il ait à ce moment abandonné la philosophie d' Aristote pour celle des modernes et que de toutes les formes du mécanisme il ait adopté la plus simple, la plus géométrique, et en tout cas celle qu'il était par ses études des anciens le mieux