‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 166 sur 319 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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LA PREMIÈRE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ

nomenes par la grandeur, la figure et le mouvement, et, en dernière analyse, par la matière première, qui suppose l'espace, et par le mouvement, bien que ce dernier postule au-dessus de la matière, qui n'en peut rendre compte, un principe distinct de la matière, par conséquent l'existence et l'action d'un premier moteur qui ne peut être que l'esprit (Mens universi rectrix).

De même, d'ailleurs, que le mouvement procède de Dieu qui le produit, de même aussi toutes choses dans la nature procèdent du mouvement, c'est-à-dire d'une action de la divinité dont la nature est de se continuer et prolonger d'elle-même, en sorte que Leibnilz a pu dire qu'il avait démontre que de même que tout naît, est et subsiste par le mouvement, de même tout ce qui est mû est en quelque façon l'objet d'une création continuée (quicquid movetur, perpetuo creari — perpétua crealio in motu) sans qu'il y ait pourtant besoin jamais dans la nature du concours extraordinaire de Dieu *.

Ainsi, dans cette nouvelle conception du monde, la nature est encore suspendue à la Divinité, bien que toul continue à s'y faire mécaniquement ; mais il y a progrès dans la recherche des principes ; et tandis que la conccp-. lion atomistique du monde supposait des principes multiples et égaux, la grandeur de l'atome, sa figure, et le mouvement, la conception nouvelle n'en suppose plus que deux, la matière, sinon l'espace, et encore le mouvement ; cependant la matière s'y dépouille à ce point de toute détermination positive qu'elle tend à se confondre avec le pur espace ; et si l'on songe que le mouvement y trace les figures des choses à peu près comme l'esprit trace en géométrie des figures idéales, on dirait à juste titre que d'atomislique qu'il était, avant 1GC8, le mécanisme de Leibnilz est devenu géométrique et qu'il ne requiert plus pour expliquer les choses que l'espace pur ou fluide plastique singulièrement semblable à l'espace pur, et le mou-

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