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ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.
LA PREMIERE PHILOSOPHIE DE LEIBNITZ
puissance à l'acle la généralion de loules les choses sensibles ; or il croyait aussi que par le mouvement seul s'effectue ce passage, à tel point que pour lui la physique n'avait en somme qu'un objet, l'être en tant que mobile, et tous les éléments qu'un tel être suppose. Aussi dans les 8 livres de la Physique ne traite- t-il de rien d'autre que de la figure, de la grandeur, du mouvement, du lieu et du temps 1. Lui-même, au liv. III, déclare que « toute la science de la nature a pour objets la grandeur (à laquelle est liée la figure), le mouvement et le temps », et ailleurs, avec plus de précision encore, — au point qu'il rencontre, jusque dans l'expression, la pensée des modernes, — « la science de la nature a pour objets la matière et le mouvement * ».
Telles sont les preuves directes invoquées par Leibnitz en faveur de sa thèse ; mais ne serait-ce point la vérifier d'une manière éclatante que de montrer qu'elle supprime d'emblée toutes les difficultés où se sont embarrassés de tout temps les scolastiques, pour avoir entendu autrement la matière et la forme ? Suivons encore Leibnitz dans cette démonstration, où non seulement nous allons le voir faire d'Aristote un cartésien, ce qu'il se défend d'être lui-même, mais où il trouve en même temps l'occasion d'exposer ses propres idées sur la matière et le mouvement, sur la nature du corps, et sur la réduction à la figure et au mouvement de toutes les qualités sensibles.
Deux points surtout ont embarrassé les scolastiques dans la philosophie d'Aristote : le premier touchant la matière ou la pure puissance, le second touchant les formes et l'origine des formes. Si rien n'est, en effet, que par la forme ou au moins par l'union de la matière et de la forme, de telle sorte que l'airain, matière de la statue, et la matière même de l'airain ne peuvent être conçus privés de toute forme, comment attribuer une existence quelconque à la matière première ? D'une part, il faut qu'elle soit, pour