‹ Études d'histoire des sciences et d'histoire de la philosophie [microform]Chapitre 169 sur 319 · Aristote, Phys., III, 4, 202 b · texte numérisé non relu

Aristote, Phys., III, 4, 202 b

offrir à la forme le support nécessaire (tô OtcoxeCjjlevov) ; et de l'autre, sans forme, on ne sait ce qu'elle pourrait être.

Mais la forme à son tour dont Aristote disait qu'elle est l'essence des choses, qu'est-elle sans la matière ? et quelle est notamment l'origine de celles qui existent dans le monde ? Ou il faut, comme Platon, supposer qu'elles pos^ sèdent, dans le monde intelligible, une existence séparée ; ou il faut les faire naître de la puissance de la matière (ex potentia materiae oriri). Mais la première alternative, Aristote la repoussait de toutes ses forces, parce qu'on ne peut concevoir comment l'Idée platonicienne entrerait en rapport avec le monde sensible, et comment, par exemple, elle lui communiquerait le mouvement ; l'autre est rejetée par tous les scolastiques, parce qu'elle ne conduirait à rien moins qu'à supprimer la forme, ou qu'à dire, comme venait de le faire Conring, que les formes naissent de rien (ex nihilo oriri) dans le monde réel *.

Or toutes les difficultés d'où ne pouvaient sortir les scolastiques se résolvent d'elles-mêmes, dès qu'on nomme matière sinon l'espace même, du moins ce qui avant toute figure et avant tout mouvement tient son extension de l'espace qu'il remplit, et qu'on suppose « formam nihil aliud esse quam fîguram ^ ».

Cette masse, en effet, qui remplit tout l'espace, et qui ne s'en distingue que parce qu'elle est « crassum quiddam et impenetrabile », répond à toutes les conditions qu'Aristote exigeait de la matière première : elle est d'abord sans forme, puisque étant continue comme l'espace qu'elle remplit, elle exclut par là même toute diversité : « Est enim in ea nulla diversitas, mera homogeneitas, nisi per motum » ; et pourtant elle possède même avant toute forme (anlc omnem formam) un acte entitatif : « Primum de actu ejus enlilativo ante omnem formam quacrunt. Et respondcndum est, esse eam ens ante omnem formam, cum habeat existentiam suam. Illud omne enim existit, quod in.aliquo

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