Gerh., P/iil., I, p
tenlion excessive de ce dernier à renier tout précurseur et tout maître i, enfin bien que, dans sa tentative de concilier Aristote avec les modernes, il se défende de suivre un cartésien, tel que Jean Raey *, par une crainte à son tour excessive de subir en quoi que ce soit l'influence cartésienne, la ressemblance, sur les points les plus essentiels, de la doctrine contenue dans la célèbre lettre VI à Thomasius et de celle des Principia j>hUosophiae est trop frappante pour qu'il puisse s'élever un seul doute sur ce point. Descartes est le premier qui, identifiant la matière à l'étendue, ail songé à dériver de la notion que nous avons do celle-ci toutes les propriétés, continuité, homogénéité parfaite, illimitalion ou înfinitude, qui appartiennent à celle-là, et qui l'ait conçue a priori comme un fluide parfait, divisible à l'infini, comme l'espace, et en conséquence infiniment plastique. Quant à ce qui y met la division et, par la division, des limites, des figures, et des parties réelles ou des corps, il disait aussi que ce ne peut être dans l'espace réalisé ou la matière, comme dans l'espacecssence, possible, ou idéal du géomètre, que le mouvement, principe des limites réelles des corps comme il l'est du tracé des figures idéales de la géométrie ; et du mouvement local des parties ainsi déterminées, ou des corpuscules du premier et du second éléments, et de leur action sur les organes des sens, il avait enseigné comment on peut dériver toutes les propriétés sensibles, dites secondes, des corps, lumière, couleur, chaleur, pesanteur, aspérité, etc. Enfin c'est Dieu qui, faisant passer l'espace de l'essence à l'existence, et l'y appelant de telle sorte que ses parties y aient été dès l'origine du monde les unes mobiles, les autres immobiles, ou mieux les unes et les autres diversement mobiles, y introduit le mouvement et l'y conserve en quantité constante 3, d'où suivent toutes les lois du choc