Ep. (VI) ad Tlwm., Gerh., Phil, I, pp
3. Princip. Philos., pars II, xxxvi : « Ad generalem (se. causam motus) quod attinet, manifeslum niihi videtur illam non aliam esse, quam Deum ipsum, qui matcriam simul cum molu et quiète
ÉTUDES d'histoire DE LA PHILOSOPHIE.
el de l'échange du mouvement entre les masses selon leurs rencontres ; en sorte que de même que tout naît du mouvement, tout subsiste et se conserve dans le monde par le mouvement et, en dernière analyse, par une perpétuelle création ou par une création continuée.
Si l'on compare à ces principes premiers de la physique cartésienne la doctrine de Leibnitz dans la lettre à Thomasius, on avouera que les points sur lesquels elles coïncident sont trop essentiels pour qu'on puisse allribuer au hasard une si profonde ressemblance.
Assurément sur d'autres points qui offrent aussi une certaine importance, il s'en faut que Leibnitz suive Descartes fidèlement et comme pied à pied. D'abord il est singulier que, repoussant le vide et proclamant que la matière remplit tout l'espace, il n'ait pas une seule fois signalé que le mouvement n'y peut naître qu'en cercle, alors que Descartes fait reposer sur ce principe capital sa cosmologie tout entière. Il est vrai que Leibnitz y viendra à son tour dans une œuvre postérieure de moins d'un an à la lettre à Thomasius {Theoria moius abslracli) *.
Mais la différence la plus importante et qui ira dans la suite en s'accusant toujours davantage, est que Leibnitz ne peut se résoudre à confondre la matière avec la pure étendue. De l'espace qu'elle remplit, elle tient sans doute son extension; mais elle s'en distingue par sa nature propre, qui est, à la différence de la pure extension, de résister à la pénétration, ou d'être impénétrable : « Aliam loci, écrira-t-il vers 1676 au P. Fabri, aliam materiae naturam esse » » ; et, en 1669, à 1 homasius : « Natura ipsa materiae in eo consistit, quod crassum quiddam est el impenetrabile », et encore : « Esscnlia autem materiae seu ipsa forma corporeitatis consistit in ivrituicfa seu
in principio creavit... Unde sequitur quam maxime rationi esse consentaneum, ut putemus ex hoc solo, quod Deus diversimode moverit partes materiae, eum primum illas creavit... jamque, etc. »
1. Il semblera même, dans la lettre ù Arnauld (Gerh., P/itl., I, 71-72), s'attribuer la priorité de cette découverte que dans le plein il ne peut y avoir que des mouvements circulaires horaocentriques.